
Salves de discours à l’ouverture du MIPIM 2026 ce lundi à Cannes. Des centaines de professionnels de l’immobilier étaient réunis au Palais des Festivals pour assister à la conférence “Housing Matters”. Une introduction inattendue à ce qui est parfois décrit comme la messe mondiale de l’immobilier, où le pont entre investisseurs et acteurs privés et publics est considéré comme la priorité absolue.
Mais les circonstances ont évolué ces dernières décennies. Le logement est devenu une problématique mondiale avec ses spécificités régionales. Le Luxembourg n’est pas le seul pays à avoir connu une explosion des prix avant et pendant la pandémie. Des pays comme le Portugal, l’Irlande, l’Espagne ou encore la France ont également vu leur marché se complexifier. Aux Etats-Unis, des projets de logements abordables sont également développés, preuve que la crise se mondialise.
Le problème commun étant l’abordabilité des logements. Car là où les prix peuvent être considérés comme modestes pour les résidents luxembourgeois, les salaires le sont souvent aussi. Ce sont donc, comme souvent, les locaux qui souffrent de la hausse des prix et des loyers. C’est évidemment dans et autour des grandes villes que la crise est la plus aiguë, comme le soulignent de récentes études européennes.
La Commission européenne a d’ailleurs adopté son tout premier plan pour le logement abordable en décembre dernier. Et c’est dans ce contexte que le MIPIM s’est ouvert lundi avec des discours de son directeur, Nicolas Boffi, et de la directrice du programme des Nations Unies pour les établissements humains (UN Habitat), Anacláudia Rossbach. “On ne peut pas ignorer les nouvelles venant du Moyen-Orient”, a commencé M. Boffi.

Des événements qui ont déjà un impact considérable sur les marchés mondiaux et le secteur immobilier n’y échappera évidemment pas. “La seule chose qui coûtera plus que de construire, ce sera de ne pas construire”, a souligné le directeur du MIPIM. Un appel aux investisseurs et aux développeurs à ne pas se défiler alors que la situation se complexifie en Europe et dans le monde.
Un discours suivi par celui d’Anacláudia Rossbach (ONU Habitat). Elle n’a pas hésité à parler d’une “crise internationale du logement” et “d’un nouvel ordre mondial”. La représentante de l’ONU a rappelé que 3 milliards de personnes à travers le monde vivent dans “des conditions inadéquates”. En cause, une hausse des prix spectaculaire ces dernières années (+60% depuis 2015 en moyenne en Europe).
“Les gouvernements ne pourront pas régler ce problème seuls, le secteur privé va devoir contribuer”, a-t-elle affirmé. Elle a invité le privé à créer des coalitions avec les pouvoirs publics. Une initiative lancée timidement au Luxembourg via le programme de rachat de logements par l’Etat. Mme Rossbach a profité de son discours pour saluer les politiques des villes comme Vienne, Bogota ou Medellin en termes de logement abordable.

Les débats et présentations qui ont suivi lundi après-midi au Palais des Festivals n’ont fait que renforcer le constat: le logement est en crise aux quatre coins du monde. Mais comme l’a souligné Martin Lindblad, directeur de la gestion de portefeuilles chez Cavendo, “les solutions sont aussi nombreuses qu’il y a de pays et de villes dans le monde”.
C’est ainsi que s’est ouvert le MIPIM 2026. Place mardi à l’ouverture des pavillons nationaux et régionaux. Le Luxembourg est bien représenté avec des acteurs de la Ville de Luxembourg, du Fonds Kirchberg, de la Banque de Luxembourg et bien d’autres. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et du Commerce extérieur, Xavier Bettel, fera d’ailleurs une apparition surprise. La question est: pourquoi?