Banque centrale du LuxembourgLes taux bas ne sont pas la principale raison de la hausse des prix de l'immobilier

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Si la hausse des prix des logements était due à la politique monétaire, l'évolution des prix devrait être partout similaire, ce qui n'est pas le cas.
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Les taux d'intérêt bas - ou la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne - ne sont pas la principale raison de la hausse des prix de l'immobilier au Luxembourg. C'est prouvé par le fait que la sur- ou la sous-évaluation de l'immobilier dans tous les pays de la zone euro varie fortement et parce qu'au Luxembourg, les prix ont déjà augmenté avant la politique monétaire accommodante. Voilà ce qu'on peut lire dans un article publié par le Gouverneur de la Banque centrale du Luxembourg, Gaston Reinesch, sur son blog.

Les statistiques montrent effectivement que les prix des logements ont le plus augmenté ces dernières années au Luxembourg par rapport aux autres pays de la zone euro. De plus, la surévaluation de l'immobilier au Grand-Duché est nettement plus élevée que dans les autres pays et dans certains pays, l'immobilier est même sous-évalué. Les prix élevés de l'immobilier au Grand-Duché ont également conduit les ménages luxembourgeois à s'endetter davantage avec des prêts immobiliers que les ménages dans d'autres pays.

Gaston Reinesch l'affirme: si la hausse des prix des logements était due à la politique monétaire, l'évolution des prix devrait être partout semblable, ce qui n'est clairement pas le cas. La politique actuelle "d'argent à bon marché" de la Banque centrale européenne amplifierait bien la hausse des prix, selon le Gouverneur. Il rappelle cependant que cette politique était aussi nécessaire notamment pour soutenir l'économie. Et cela, même avant la pandémie.

L'évolution des prix de l'immobilier au Luxembourg ne serait pas soutenable et représenterait un risque, une vulnérabilité. Selon Gaston Reinesch, cette situation serait due à des problèmes structurels et surtout au fait que l'offre n'a pas suivi la demande pendant de nombreuses années. Le Gouverneur de la Banque centrale appelle donc à une action politique coordonnée pour accroître l'offre de terrains constructibles et de logements. Ce qui aiderait, selon lui, serait, entre autres, un secteur du bâtiment compétitif, mais aussi une planification territoriale différente et plus efficace ou encore des taxes sur les terrains et les logements vacants. L'accumulation pourrait ainsi être limitée et davantage de logements pourraient être créés.

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