
Il ne faut pas répondre aux défis économiques et sociaux par une réduction des acquis sociaux ou par une pression sur les salaires, mais par des investissements, la qualification et une forte cohésion sociale. Voilà ce qu'affirme, à la veille de la tripartite, l'Union des syndicats OGBL‑LCGB, qui a élaboré un paquet de mesures ("Paquet compétitivité et dialogue social") avec ses revendications.
Un volet important du catalogue de revendications de l’OGBL et du LCGB est la protection des emplois. Les deux syndicats demandent la création d’une cellule nationale permanente de reclassement, qui serait active dès avant de grandes restructurations ou des licenciements. Les salariés concernés devraient en outre bénéficier d’un accompagnement individuel, de formations continues ainsi que d’une sécurisation financière.
Pour financer ces mesures, un fonds de transition serait nécessaire. Selon les syndicats, celui-ci devrait être alimenté principalement par une augmentation de l'impôt de solidarité des entreprises. Une hausse de 10 % pourrait ainsi générer 110 millions d’euros de recettes supplémentaires, qui alimenteraient ce fonds.
Par ailleurs, l’OGBL et le LCGB se prononcent contre une baisse généralisée de l’impôt sur les sociétés. Ce sont principalement les petites et moyennes entreprises qui doivent bénéficier d'allègements fiscaux, tandis que les grandes entreprises qui font des profits, devraient conserver le taux d’imposition actuel.
En matière de pouvoir d’achat, les deux syndicats insistent sur le fait qu’ils n’accepteront aucun compromis sur le système d’indexation et continuent de réclamer une augmentation immédiate du salaire social minimum de 300 euros. Ils plaident également pour des ajustements fiscaux à l’inflation ainsi que pour des aides supplémentaires destinées aux ménages.
Pour stimuler l’économie, ils demandent un fonds d’investissement spécifique de sept milliards d’euros sur sept ans. Celui-ci servirait principalement à financer des logements abordables, la transition énergétique ainsi que des infrastructures stratégiques. L’objectif est de créer 10.000 logements publics et abordables au cours des cinq prochaines années.
Dans leur paquet de mesures, les syndicats critiquent également à nouveau la dégradation du dialogue social. Ils demandent une tripartite permanente et renforcée, dans laquelle les partenaires sociaux ne seraient pas seulement consultés, mais disposeraient d’une réelle influence sur les décisions économiques et sociales du pays.