"Ce secteur est un véritable Far West"Les syndicats déçus après la réunion avec Wolt

Pit Everling
Tim Morizet
adapté pour RTL Infos
Les livreurs de la plateforme Wolt continuent de dénoncer des conditions de travail précaires. Une réunion a eu lieu mercredi, mais, aux yeux des syndicats, elle n’a été ni constructive ni agréable.
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"Ce secteur est un véritable Far West, avec toutes sortes de pratiques. On y fait des affaires et de l’argent sur le dos des personnes les plus précaires et les plus pauvres de la société, et cela doit cesser", s'indigne David Angel de l’OGBL. "Nous, ce qu'on veut, c’est endiguer ce phénomène, c’est de l’esclavage moderne", souligne Pascal Glouchitski du LCGB.

Les livreurs de la plateforme dénoncent notamment des abus au niveau des salaires ainsi que des problèmes avec des sous-traitants douteux. La réunion entre les représentants de Wolt et ceux des syndicats LCGB et OGBL n’a en tout cas pas été un succès.

David Angel de l’OGBL : "Je dirais que la réunion a été chaude. Nous sommes rentrés et cela a déjà mal commencé, car Wolt a demandé que seuls les représentants syndicaux entrent et qu’aucun livreur ne prenne part à la réunion, ce que nous avons bien sûr refusé, en disant que nous amenions les personnes que nous jugions nécessaires."

Ils avaient apporté tout un catalogue de questions, mais n’ont pas obtenu une seule réponse : "On n'a pas eu de réponses. On a l'impression que l'entreprise ne connaissait pas du tout son business model ou peut-être que ce n'étaient pas les bons représentants qu'on avait autour de la table aujourd'hui. Mais une réunion très tendue et décevante, on sort avec absolument rien."

"Ils nous ont certes dit qu’ils condamnaient absolument les pratiques mafieuses et illégales des sous-traitants. Mais ils ne sont pas au courant qu’elles existent. Et, par conséquent, ils n’ont pris aucune mesure jusqu’à présent. C’est la toute première fois qu’ils entendent de telles choses", selon l’OGBL.

La réaction de Wolt est en tout cas jugée insuffisante et la situation ne sera pas laissée sans suite, assure David Angel. Pour les syndicats, il est clair que la directive européenne sur le travail de plateforme doit être mise en œuvre de manière à ce que les livreurs deviennent des salariés : "Nous avons manifestement affaire ici à des personnes qui n’ont aucun pouvoir sur leur propre travail, qui n'ont aucun pouvoir sur leurs tarifs, ni sur leurs itinéraires, ni sur l’organisation de leur temps de travail, sur absolument rien. Par conséquent, pour nous, ce sont des salariés et ils doivent être traités comme tels."

Il est absolument nécessaire de mettre fin aux pratiques impliquant des sous-traitants illégaux, mais aucune garantie n’a été donnée par Wolt à ce sujet. Wolt a réagi par écrit après la réunion : l’entreprise s’est dite satisfaite de la réunion au cours de laquelle divers sujets ont été abordés et souhaite continuer à organiser des échanges constructifs avec les syndicats.

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