Après une longue pauseLes partenaires sociaux se disent satisfaits des discussions "constructives" au sein du CPTE

Céline Eischen
adapté pour RTL Infos
Pour la première fois depuis des mois, syndicats et patronat ont siégé ensemble aux côtés du ministre du Travail au Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE).
Le Comité permanent du travail et de l’emploi rassemble les représentants du patronat, des syndicats et du ministère du Travail.
© Céline Eischen

Il y a deux ans, une crise avait éclaté au sein du CPTE et les syndicats avaient claqué la porte, au motif que, selon eux, le gouvernement voulait réduire le rôle des syndicats dans la négociation des conventions collectives. Toutefois, lors de la réunion de ce mercredi, peu de tensions étaient encore perceptibles.

Le beau temps a visiblement eu un effet positif sur l’humeur des partenaires sociaux. En tout cas, il n’y avait plus vraiment de signe de crise sociale mercredi au ministère du Travail. Marc Spautz s’est donc montré satisfait : "Je constate que nous avons continué dans l’esprit de Senningen, que c’était très constructif et que nous avons discuté aujourd’hui des trois sujets que sont le travail sur plateforme, les conventions collectives et l’égalité salariale." Il ne s’agissait pas seulement de discussions : les positions se sont également rapprochées.

"Je suis d'avis qu'obtenir davantage de conventions collectives - j’ai compris que c’est aussi une demande des deux côtés - cela pourrait aider en matière de transparence des salaires. Les conventions collectives peuvent en effet contribuer à faciliter la mise en œuvre de cette directive, et en ce qui concerne le travail sur plateforme, dont nous avons également discuté, notamment de sa définition (…) et lä aussi trouver des solutions afin de l’intégrer également dans la législation sur le travail de plateforme."
Marc Spautz, ministre du Travail (CSV)

En ce qui concerne le travail sur plateforme, les participants autour de la table ont convenu qu’il s’agit d’un nouveau modèle de travail, selon le président du LCGB, Patrick Dury :
"Mais que ces activités, comme par exemple les fameux jeunes qui circulent à vélo, relèvent cependant d’une relation de salariat et qu'ils doivent être affiliés à la sécurité sociale, autrement c'est un scandale, une nouvelle forme moderne d’esclavage, et nous sommes d’accord là-dessus autour de la table. Maintenant, il faut voir comment le formuler."

Par ailleurs, davantage de conventions collectives sont nécessaires, elles contribuent aussi à une plus grande équité salariale. En matière de conventions collectives également, les points de vue sont assez similaires, selon le président de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), Michel Reckinger : "Aujourd’hui, nous avons un droit du travail qui est extrêmement strict, très développé, qui interdit beaucoup de choses. Que reste-t-il alors à négocier dans une convention collective ? C’est l’idée générale. Nous sommes quasiment d'accord sur le constat. Il faut maintenant voir comment nous rapprocher afin, d’une part, d’aboutir à davantage de conventions collectives et, d’autre part, d’assouplir le droit du travail, pour qu'ensuite, dans le cadre du droit du travail, on puisse travailler de manière moderne."

Pour la présidente de l’OGBL, Nora Back, il manque encore des résultats concrets, mais les syndicats ont en tout cas trouvé un écho favorable.

"Nous sommes restés autour de la table. Les trois acteurs ont discuté aujourd’hui dans le respect. Mais il n’en est encore rien ressorti. Nous n’avons donc pas de résultats. Nous n’avons pas encore de texte sur lequel nous nous serions mis d’accord. Cela signifie que les discussions continuent. Mais l’ambiance était bonne."
Nora Back, présidente de l'OGBL

La prochaine réunion du CPTE est prévue le 15 juillet. D’ici là, des groupes de travail devront élaborer des textes. Le ministère du Travail se dit confiant de pouvoir présenter d’ici là des solutions concrètes.

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