
Tout en représentant environ 46% des salariés du Luxembourg, les frontaliers ont également une place importante au sein de l'assurance maladie-maternité. Selon le dernier rapport de la Caisse nationale de santé, en 2021, l'assurance maladie comptait 914.642 assurés: 587.053 résidents du Luxembourg pour 327.589 frontaliers.
À l'image de la population active, le nombre de ces derniers augmente plus vite que celui des résidents: +3% en 2021, contre +1,5% pour les résidents. Les assurés frontaliers ne finissent par quitter le système qu'au moment de leur retour dans leur pays d'origine. Soit pour un nouvel emploi, soit parce qu'ils y touchent une retraite, mettant fin à leur appartenance à la sécurité sociale luxembourgeoise. Or, les ressources de l’assurance maladie-maternité sont constituées "à plus de 97% de cotisations qui sont déterminées à partir de la masse des revenus cotisables". Plus il y a d'assurés (travailleurs et pensionnés), plus il y a de cotisations donc de revenus pour l'assurance maladie.
Côté dépenses, les prestations reçues par les frontaliers sont inférieures à celles reçues par les résidents. La "consommation moyenne" annuelle des résidents est estimée à 4.111€ par personne (+37,58% entre 2011 et 2021), contre 1.784€ pour un frontalier (+26,7%).
"Bien que la population non-résidente affiche une consommation moyenne par personne largement inférieure à celle de la population résidente, les prestations en espèces de maladie sont plus élevées auprès des assurés non-résidents" nuance la CNS. C'est-à-dire les indemnités versées en cas d'incapacité de travail.
Les frontaliers ont toutefois des effets positifs sur les finances: en 2019, le Statec expliquait qu'ils rapportent plus qu'ils ne coûtent. Inutile d'ailleurs d'opposer résidents et frontaliers, qui sont tous dans le même bateau. Et celui-ci perd de la voilure.
Conséquence de la crise du coronavirus, l'année 2021 a été marquée par un déficit de l'assurance maladie. Les dépenses ont dépassé les recettes de 55,7 millions d'euros (et -12,4 millions d'euros en 2020). Même si la Caisse nationale de santé mentionne qu'une "accélération des dépenses est réelle et liée à plusieurs facteurs structurels".
Son matelas reste toutefois confortable, avec une réserve globale de 904 millions d'euros. Soit 540 millions d'euros de plus que la réserve minimale légale.
"Les réserves financières accumulées dans le passé et les bonnes performances économiques du pays ont certainement contribué à ce que le système de santé luxembourgeois puisse faire face aux dépenses de la pandémie" confirme la CNS. Pour garantir la pérennité du système elle rappelle qu'il est "impératif de contenir l’évolution des dépenses qui ne doivent pas croitre plus vite que les recettes".
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