"C'est un peu trop tôt pour tirer un bilan définitif" sur le plan de la Santé publique, mais "je crois que le Luxembourg a prouvé qu'il était relativement résilient" dans cette épreuve. La canicule intense de la semaine dernière est une "conséquence du changement climatique" a déclaré le Premier ministre Luc Frieden lors de la première "interview de l'été" de RTL, organisée dans le parc du château de Senningen, là où s'est déroulée la tripartite il y a peu. Les questions ne provenaient pas uniquement de notre rédaction, mais surtout de nos lecteurs.
Dans la nouvelle émission "RTL Spezial" (réalisée en luxembourgeois), nos journalistes Pit Everling et Claude Zeimetz, ont évoqué de nombreux sujets d'actualité avec le chef du gouvernement, dont l'avenir de l'indexation des salaires, le logement, l'immigration et le climat.
La semaine dernière, nous avons tous pu constater les conséquences possibles du changement climatique (faune aquatique menacée, surchauffe dans les services de secours ou plages bondées). "Personne n'a le droit de mourir dans la rue à cause de la chaleur, ni à cause du froid en hiver", a répondu le Premier ministre à la question d'une infirmière bénévole se préoccupant des mesures envisagées pour les sans-abri exposés aux grandes chaleurs. Luc Frieden qualifie la canicule de "défi majeur". C'est pourquoi le gouvernement est en train de mettre en œuvre une stratégie visant à accélérer et à accroître le recours aux énergies renouvelables au Luxembourg, afin de limiter la fréquence des vagues de chaleur.
Il faut s'attaquer aux causes du problème, affirme le Premier ministre, qui a par le passé souligné que la politique climatique ne devait pas être perçue comme une contrainte désagréable :"J'ai toujours considéré le changement climatique comme une menace très grave pour l'humanité, y compris pour la population de notre pays. C'est pourquoi l'approche adoptée par le gouvernement consiste à encourager et à motiver les citoyens à modifier leurs comportements et à utiliser davantage d'énergies renouvelables ; l'objectif est de réduire notre dépendance aux combustibles fossiles tout en limitant le rejet de substances nocives dans l'Environnement. Et cette démarche porte ses fruits." Au cours des deux dernières années, un nombre record de systèmes photovoltaïques a été installé et les ventes de pompes à chaleur ont également augmenté.
L'un de nos téléspectateurs s'est penché sur la question de l'index et a suggéré de verser simplement 100 euros à chacun dès qu'une tranche de 2,5 % est déclenchée. Luc Frieden préfère écarter cette idée car "l'index est un élément essentiel de la paix sociale au Luxembourg. Si nous voulons préserver cette paix sociale ainsi que la cohésion sociale, il est important, à mon sens, de ne pas créer un chaos inutile dans le pays."
La réforme des retraites a déjà suscité beaucoup d'agitation l'an passé au Luxembourg, mais il était important de préparer le pays à l'avenir. Il est évident que le logement est une préoccupation majeure pour beaucoup de gens. Une crise qui perdure depuis des décennies. Il n'est donc pas surprenant qu'un jeune homme ait demandé à Luc Frieden s'il pensait lui-même pouvoir acheter un logement dans ce pays s'il n'avait que 30 ans, travaillait au Luxembourg et ne possédait pas encore de bien immobilier.
Luc Frieden confie que c'est une question qu'on lui pose souvent, que ce soit lorsqu'il rencontre des mouvements de jeunesse ou lors de conversations avec les amis de ses enfants : "Beaucoup de ces personnes sont locataires aujourd'hui, ce qui était moins fréquent lorsque j'avais la trentaine, car beaucoup achetaient un appartement à cette époque. Je suis optimiste et c'est pourquoi je pense que la génération actuelle pourra, elle aussi, acheter un logement, mais plus tard qu'auparavant. C'est pourquoi nous devons encore une fois voir comment nous pouvons construire davantage."
Le Premier minbistre a ausi été questionné sur les mesures qu'il envisage face à l'immigration illégale. Luc Frieden affirme qu'il faut la combattre. Raison pour laquelle, il faut en premire lieu que les frontières extérieures soient bien protégées. Au Luxembourg, depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement CSV-DP, les chiffres de l'immigration ont baissé. Ceux qui n'ont pas le droit de rester doivent repartir: "C'est pourquoi, au sein du gouvernement, nous avons intensifié les retours. Il y a davantage de retours volontaires qu'auparavant. Il y a aussi eu des retours forcés. Ce n'est jamais une bonne solution, les retours volontaires sont préférables. C'est la raison pour laquelle nous avons mis en place, sous la direction du ministre de l'Intérieur, des centres de retour sous diverses formes au Luxembourg." Luc Frieden est convaincu qu'il s'agit de la bonne voie et que la cohésion sociale sera ainsi préservée.
Quant aux "hubs de retour" européens, il convient désormais d'observer leur fonctionnement dans différents endroits, estime Luc Frieden. Ils constituent un signal fort : ils permettent de faire comprendre clairement aux immigrés en situation irrégulière qu'ils devront repartir s'ils n'obtiennent pas le droit d'asile.