
Une équipe de RTL s'est rendue auprès de plusieurs agriculteurs afin de leur demander les raisons de cette hausse ainsi que leurs attentes face à cette situation. "Les crises internationales ne sont pas les seules causes", selon Jeff Boonen, "les produits laitiers sont en forte demande partout dans le monde, et le marché asiatique y a également pris goût, mais l'offre n'arrive pas à suivre la demande".
La sécheresse de ces dernières années a également provoqué une baisse de la production de lait en Europe. Les contraintes sont également de plus en plus difficiles à suivre en matière d'environnement avec les émissions de CO2 ou la protection de l'eau.
De nombreux fermiers ont également dû arrêter en raison des prix relativement bas pendant plusieurs années, ce qui impacte également l'offre, mais il est encore difficile de dire avec précision de combien le prix pour le consommateur pourrait encore augmenter. Les contrats sont signés pour une durée de six mois, les prix des produits laitiers devraient donc augmenter dans les supermarchés à partir du 1er juillet. Une hausse de 20 à 30 centimes le litre de lait est possible.
Penser que les fermiers se réjouissent de cette hausse est faux car la production de lait et de ses dérivés consomme également de l'énergie, et cette dernière a également connu une hausse ces dernières semaines, ce qui réduit fortement les gains potentiels. Les engrais et la nourriture pour animaux ont également augmenté.
Pour Guy Diderrich, fermier, "les frais de nourriture montent à présent à 13 centimes pour un litre de lait. Cela représente déjà une grosse partie du montant total".
Jeff Boonen relativise en affirmant que, "de nombreux agriculteurs ont cependant la chance de pouvoir produire leur propre nourriture au Luxembourg. De l'herbe ou du maïs par exemple, comme nous vivons dans une région où la production de lait est relativement compétitive, nous pouvons quand même retirer un petit profit de ces prix élevés".
En ce moment, le lait coûte entre 70 centimes et 1€50 le litre, le producteur en reçoit 45 centimes.
Le Luxembourg produit d'ailleurs trop pour sa propre consommation, et d'énormes quantités de lait sont exportées vers l'étranger. "Il faut donc continuer à garder la situation à l’œil et à se tenir prêt à réagir", soulignent les producteurs de lait que nous avons rencontrés.