Écrans et santéLes pédiatres de plus en plus confrontés à des troubles du comportement

Claude Zeimetz
adapté pour RTL Infos
"La situation empire de jour en jour. Chaque jour, nous sommes confrontés à des enfants qui nous sont envoyés par le personnel enseignant en raison de problèmes de comportement", a déclaré vendredi matin sur RTL Serge Allard, président des pédiatres luxembourgeois.
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© GETTY IMAGES NORTH AMERICA/Getty Images via AFP/File

La hausse des troubles du développement et du langage chez les enfants continue d’inquiéter les pédiatres. Difficile d’établir une relation directe avec une exposition trop précoce ou excessive aux écrans, mais la tendance est là, et pour le docteur Serge Allard, président du Cercle des médecins pédiatres, les écrans portent “une large part de responsabilité”. Les spécialistes soutiennent d’ailleurs clairement la volonté politique d’encadrer l’accès des jeunes aux réseaux sociaux, une orientation vers laquelle le Luxembourg semble se diriger, comme cela est encore apparu jeudi soir dans l’émission Kloertext sur RTL.

Pour les plus petits, le message est sans ambiguïté. L’Ombudsmann pour les jeunes et les enfants (Okaju), Charel Schmit, plaidait déjà dans son dernier rapport annuel pour une interdiction totale des écrans jusqu’à l’âge de trois ans. Une recommandation jugée “tout à fait raisonnable” par le docteur Allard. À cet âge, les enfants ont besoin d’interactions humaines, de présence réelle et d’échanges directs pour se développer. Les parents devraient donc, selon lui, poser leur téléphone lorsqu’ils passent du temps avec leurs enfants, afin d’être pleinement disponibles. Avec un écran entre les deux, le lien ne se crée pas, et les conséquences se voient aujourd’hui dans les cabinets, où les retards de langage se multiplient chez les plus jeunes.

À ces difficultés s’ajoute une pénurie aiguë de spécialistes. “Nous avons toutes les peines du monde à trouver un pédopsychiatre”, déplore Serge Allard. Le manque de personnel qualifié complique aussi le travail des pédiatres, qui peinent à orienter leurs jeunes patients vers des experts déjà saturés. Le ministère de la Santé doit, insiste-t-il, revaloriser ces professions de manière adéquate.

Le constat est tout aussi préoccupant en matière de vaccination contre la grippe chez les jeunes. Depuis octobre, l’immunisation est recommandée et remboursée pour tous les enfants jusqu’à 17 ans. Les pédiatres se sont mobilisés pour convaincre les familles, mais la couverture reste insuffisante. Or la grippe peut être dangereuse, même chez des enfants en parfaite santé. Lors de la saison 2023-2024, deux jeunes de 10 et 12 ans, sans antécédents médicaux, en sont morts. L’hiver prochain, le vaccin devrait être disponible au Luxembourg sous forme de spray nasal, une option encore plus efficace que l’injection, souligne le docteur Allard.

Le dépistage néonatal a lui aussi évolué. Depuis le 1ᵉʳ janvier, tous les nouveau-nés sont testés pour une maladie génétique rare supplémentaire, le SCID, un déficit immunitaire sévère. La France dépiste seize maladies, contre sept au Luxembourg. Un choix assumé, explique Serge Allard : le pays se limite aux pathologies qu’il est en mesure de traiter. “On pourrait en détecter 150 si on le voulait, mais dépister sans pouvoir assurer un suivi ne servirait à personne”.

À la veille de la Journée internationale des maladies rares, le rappel prend tout son sens.

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