
“Grok”, l’assistant IA du réseau social X est actuellement au centre d’une polémique car il a été utilisé pour dénuder des femmes et des mineurs en ligne. Grok, ayant ainsi généré sur demande des contenus pédocriminels, des enquêtes sont en cours un peu partout. Mais le débat sur la protection des mineurs sur Internet, avec des systèmes contraignants de vérification de l’âge, avait déjà été lancé à la fin de l’année dernière, lorsque l’Australie est devenue le premier pays au monde à interdire les plateformes de réseaux sociaux à tous les jeunes de moins de 16 ans.
Le Luxembourg mise sur une solution européenne, mais n’exclut plus, en attendant, de limiter seul l’accès pour les adolescents. Pour l’"Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher” (Okaju), le défenseur des droits des enfants et des adolescents, il est grand temps que l’État assume ses responsabilités.
Les responsables politiques doivent protéger les enfants et les adolescents contre les dangers manifestes d’Internet, souligne Charel Schmit. Et cela passe par des interdictions : une interdiction stricte des écrans jusqu’à 3 ans, pas de smartphone personnel avant 15 ans et un âge minimum de 16 ans pour utiliser les réseaux sociaux sans contrôle parental. Jusqu’à cet âge, les jeunes devraient idéalement n’avoir que des téléphones permettant uniquement de téléphoner, estime l’Okaju.
“Les interdictions sont très importantes pour envoyer le bon message et pour que les normes sociales évoluent. Ce que nous avons aujourd’hui, c’est un accès libre et illimité à des contenus qui ne sont pas bons, qui ne sont pas adaptés à l’âge, qui sont non filtrés, et il est essentiel que nous inversions cette tendance.”
Bien sûr, la responsabilité incombe aux parents, mais pour avoir un réel impact, l’État devrait réglementer les plateformes une fois pour toutes, souligne le défenseur des droits des enfants et des adolescents, pour qui l’Australie fait clairement figure de modèle. Le Luxembourg pourrait, par exemple, être à la pointe du développement de solutions techniques au sein de l’UE.
“Mais le Luxembourg compte lui-même des acteurs, qui se sont implantés sur la place financière, par exemple. Et aussi toute l’industrie pornographique, qu’il nous faut maîtriser et qui doit être davantage appelée à prendre ses responsabilités. Le Luxembourg est d’ailleurs invité à mettre en place rapidement cette vérification de l’âge.”
Selon la ministre de la Digitalisation, Stéphanie Obertin, le Centre des technologies et de l’information de l’Etat serait prêt à participer à tout moment au développement d’une telle application. Cependant, aucun cadre juridique ne le permet actuellement.