Lettre ouverte d'Alborz TeymoorzadehLes ministres ne pourraient-ils pas être remplacés par l’intelligence artificielle ?

Claudia Kollwelter
C'est l'une des questions posées par l'artiste iranien Alborz Teymoorzadeh dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Luc Frieden.

Ce ressortissant iranien qui a passé un master en architecture à l'Université du Luxembourg, a dû quitter le Grand-Duché début octobre, le renouvellement de son titre de séjour en tant qu'artiste indépendant ayant été refusé.

Remplacer des ministres par l'AI

Alborz Teymoorzadeh écrit qu'il "comprend très bien la loi", mais qu'il connaît également une certaine flexibilité qui peut être appliquée. "Une loi est une infrastructure et une ligne directrice, qui a besoin d'expérience humaine et d'interprétation." "Si la position est qu’une loi doit être appliquée uniformément à tout le monde", il se demande s’il ne serait pas "plus efficace, plus rentable et plus rapide de remplacer les ministres par des modèles avancés d’apprentissage automatique."

"Si l’observation humaine, la recherche et l’interprétation n’étaient pas nécessaires, la technologie pourrait probablement apporter une plus grande valeur économique au Grand-Duché", poursuit l'artiste iranien.

Luc Frieden ne contribue pas à la croissance culturelle luxembourgeoise

L'annonce que Alborz Teymoorzadeh avait quitté le Luxembourg après le non-renouvellement de son titre de séjour, avait provoqué de nombreuses critiques, notamment de la part de la scène culturelle luxembourgeoise. L'artiste iranien vient de réagir lui-même en publiant une lettre ouverte adressée au Premier ministre Luc Frieden.

Il y explique qu'à ce jour, il n'a reçu "aucune réponse appropriée, logique ou diplomatique" du ministère. Il a déposé les documents pour un permis de séjour en tant qu'indépendant, "car à ce moment-là il faisait déjà partie de la scène artistique et de la société luxembourgeoise et se sentait chez lui". Il ne voulait pas rester au Luxembourg parce qu'il avait besoin d'un soutien financier ou de la nationalité luxembourgeoise, mais parce qu'il voyait "le potentiel du paysage culturel riche et diversifié du pays."

Alborz Teymoorzadeh affirme d'ailleurs qu'il continuera de collaborer avec des artistes et des institutions luxembourgeois à l'avenir, peut importe le lieu où il se trouve. Même s'il obtient éventuellement une autre nationalité, il sera toujours considéré comme un "artiste visuel iranien". Selon lui, il est bien possible que "les gens se souviennent de Luc Frieden pour son manque de contribution à la croissance culturelle du Luxembourg."  Dans sa lettre ouverte, l'artiste souligne à plusieurs reprises qu'il ne s'agit pas de son cas personnel, mais plus généralement de principes et de l'importance de l'art et de la culture.

PDF: La lettre ouverte d'Alborz Teymoorzadeh à Luc Frieden

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