Enseigne centenaire Les Meubles Mich-Gillen vont disparaître

Maurice Fick
C'est la fin d'un "monument" de la vie commerciale dans la capitale luxembourgeoise. Les Meubles Mich-Gillen fermeront leurs portes bientôt, après 100 ans d'activité ! Faute de repreneur, mais aussi de changement d'habitudes d'achat du consommateur.
© Domingos Oliveira / RTL

La vie commerciale luxembourgeoise subit une seconde secousse dans le secteur de l’ameublement. Après la faillite prononcée mercredi de la société Sichel, une enseigne réputée qui a meublé durant 30 ans des foyers luxembourgeois, c’est au tour d’un autre “géant” du meuble de fermer boutique: les Meubles Mich-Gillen.

Après 100 ans de “commerce prospère”, les gérants ont annoncé cette semaine, via les réseaux sociaux, “la fermeture définitive” du magasin emblématique situé à Luxembourg-Hollerich. Sa façade bleu ciel arrondie, située à l’angle du boulevard Dr Charles Marx et de la rue Jean-Baptiste Merkels, est un monument incontournable et classé.

Nous sommes en liquidation totale avant cessation de commerce”, pose Camille Mich, gérant du magasin depuis 1988 qui incarne la troisième génération d’une famille d’entrepreneurs. Ce sont ses grand-parents, Jos Mich et Justine Gillen, qui avaient donné l’impulsion en créant une menuiserie spécialisée dans la fabrication de meubles. Aujourd’hui, les Meubles Mich-Gillen exposent sur 3.000 m2 de surface, mais sans parking dédié.

© Domingos Oliveira / RTL

La liquidation “prendra du temps”, vraisemblablement jusqu’”à la fin de l’été”, glisse Camille Mich. La société laissera cinq salariés sur le carreau. Si elle est contrainte de mettre la clé sous la porte, c’est faute de repreneur. Les enfants “font autre chose”, susurre le père, 61 ans, qui glisse vers la retraite.

Tout en reconnaissant que la vente de mobiliers et d’accessoires d’ameublement a connu un revirement ces dernières années. Ce qui a changé, ce sont les habitudes d’achat du consommateur de l’ère digitale, et donc de la concurrence effrénée sur la toile. “Internet c’est un grand concurrent”, estime Camille Mich qui a vu défiler de plus en plus de clients venant voir des meubles dans son showroom, “pour aller voir ensuite sur internet qui peut les vendre quelques euros moins chers”.

Aux premières loges, il a aussi assisté au développement d’une forte concurrence en région frontalière “avec de grands magasins qui ont plusieurs milliers de mètres carrés”, dit-il sans citer d’enseignes.

Deux autres phénomènes, qui ont émergé plus récemment, ont eu impact mesurable sur les affaires: l’érosion du pouvoir d’achat et la crise dans le secteur de la construction au Luxembourg. “Dans le temps, un client achetait un salon de 3.000 euros en moyenne. Aujourd’hui, il cherche moins cher, même si d’autres sont disposés à dépenser le double pour leur salon. Mais il y a tous les clients qui se trouvent au milieu, qui manquent”, analyse Camille Mich. Quant à la crise dans la construction, elle impacte directement le secteur: Peu de nouvelles constructions est synonyme d’un besoin en meubles plus faible.

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