CarburantsLes autorités n'ont pas l'intention de plafonner les prix au Luxembourg

Marc Hoscheid
adapté pour RTL Infos
Un tarif réduit réservé aux résidents luxembourgeois ne semble pas être une solution envisageable non plus, selon le commissaire à l'énergie du gouvernement.
© RTL/Maurice Fick

Les prix de l’essence et du gaz ont explosé ces dernières semaines en raison de la guerre en Iran. Cependant, le gouvernement luxembourgeois n’envisage pas encore de mesures pour soulager la population ; pour l’instant, il mise sur une baisse de la consommation ou, tout du moins, sur une stabilisation des prix.

Au Luxembourg, il faut actuellement débourser plus de 2€ pour un litre de diesel, 1,80€ pour l’essence SP98 ou 1,70€ pour le SP95. Pour le fioul domestique, le prix est légèrement inférieur à 1,50€ le litre. Cependant, le gouvernement luxembourgeois n’a pas l’intention de mettre ses citoyens sous pression financière. Il met plutôt l’accent sur la sensibilisation, et son objectif premier est d’empêcher les gens de consommer plus d’énergie qu’ils ne le font déjà.

“Quelques conseils”

Il existe également des conseils très simples pour économiser l’énergie, comme l’explique Simeon Hagspiel, commissaire à l’énergie du gouvernement luxembourgeois: “par exemple, éteindre le chauffage quand on n’est pas chez soi. L’ACL avait déjà formulé plusieurs recommandations visant à modifier légèrement le comportement de chacun sur la route. Il s’agit de petits gestes, de petits efforts, qui peuvent néanmoins déjà avoir un certain impact”.

© RTL

Parmi les mesures plus conséquentes qu’un particulier pourrait prendre, on peut citer, par exemple, le passage à une voiture électrique ou à une pompe à chaleur. Quant aux réserves de pétrole, elles sont actuellement bien approvisionnées et il n’y a pas non plus de pénurie d’approvisionnement. C’est pourquoi le gouvernement n’envisage pas pour l’instant de mesures restrictives qui inciteraient la population à réduire sa consommation. Mais selon l’évolution de la situation internationale, cela pourrait changer. “Il faut également s’y préparer, au cas où la situation s’aggraverait, afin de prendre des mesures si nécessaire. Il pourrait s’agir, par exemple, d’une limitation de vitesse ou d’une restriction des ventes à la pompe. Ce sont là des recommandations qui ont déjà été formulées par l’Agence internationale de l’énergie et la Commission européenne. Mais je pense qu’il est encore trop tôt pour prendre effectivement de telles mesures”, souligne le Commissaire.

Limiter les achats transfrontaliers, préserver les réserves

En ce qui concerne le prix du carburant à la pompe, le gouvernement a la possibilité d’agir soit par le biais des droits d’accise, soit par celui de la TVA. Toutefois, si le diesel et l’essence venaient à baisser, cela pourrait avoir un impact négatif sur les réserves: “nous avons des prix très attractifs à la pompe au Luxembourg, dans la Grande Région. Nous constatons par conséquent un certain nombre d’achats transfrontaliers de carburant, ce dont nous sommes conscients, et c’est une situation que nous pouvons gérer. Mais si nous allions dans une direction où le prix serait encore plus attractif, nous attirerions encore plus de consommation et risquerions ainsi de nous heurter à des goulets d’étranglement au niveau de l’approvisionnement”.

Simeon Hagspiel estime qu’il n’est pas réaliste que le Luxembourg suive l’exemple de la Slovaquie et baisse seulement le prix pour les personnes ayant des plaques d’immatriculation luxembourgeoises, mais il s’agit en fin de compte d’une décision politique. Dans le cas de la Slovaquie, la Commission européenne a déjà menacé d’engager des poursuites judiciaires pour non-respect des traités de l’UE. Cela n’a toutefois pas encore conduit Bratislava à modifier sa politique. En ce qui concerne le stockage des réserves pétrolières du Luxembourg, une quantité équivalente à 10 jours d’approvisionnement se trouve sur le territoire du Grand-Duché. Le reste des stocks, suffisant pour 83 jours, est stocké en Belgique et aux Pays-Bas.

Selon le commissaire à l’énergie du gouvernement luxembourgeois, il est très difficile de prédire l’évolution future des marchés internationaux. Ceux-ci pourraient se stabiliser à l’approche de l’été, mais il faut également se préparer à un autre scénario.

Back to Top
CIM LOGO