
Afin de promouvoir la formation professionnelle, le ministre de l’Education nationale, Claude Meisch, a annoncé lundi deux mesures phares. D’une part, les indemnités des apprentis vont être revalorisées et d’autre part, une nouvelle prime sera mise en place pour valoriser l’engagement des salariés chargés de l’encadrement des apprentis au sein de l’entreprise.
” Ces indemnités n’avaient plus été ajustées depuis longtemps, il fallait donc rattraper ce retard”, explique le ministre. Il tenait toutefois aussi à instaurer une certaine logique. “Chaque métier a en réalité la même valeur et doit être rémunéré de la même manière. Mais le principe de progression est également important : quelqu’un qui est en première année doit recevoir davantage en passant en deuxième année, et à nouveau davantage en troisième année. De même, celui ou celle qui a réussi son projet intégré intermédiaire doit percevoir plus qu’avant”, précise Claude Meisch.

Voici un exemple de ce que cela donnera : pour la formation “Certificat de capacité professionnelle de peintre”, l’élève-apprenti recevait jusqu’à présent environ 500 euros en première année et plus de 900 euros en dernière année. Celui qui optait pour la formation de boucher, touchait 914 euros en première année et un peu plus de 1.300 euros en troisième année, un montant plus avantageux donc. Avec le système réformé, les deux apprentissages donneront droit à environ 1. 200 euros en première année et à plus de 1. 600 euros en troisième année.

Le même principe s’appliquera également aux formations du Diplôme d’aptitude professionnelle (DAP). Dans le DAP menuisier, l’apprenti recevait jusqu’à présent environ 800 euros avant le projet intégré intermédiaire et autour de 1.300 euros une fois ce projet réussi. Pour le DAP paysagiste, les montants étaient plus faibles : près de 700 euros avant le projet et autour de 1.200 euros après. Désormais, ces indemnités seront revalorisées et harmonisées à 1.216 euros avant le projet intégré intermédiaire et 1.622 euros après.
Les indemnités seront donc alignées entre les différentes formations. Mais ce principe s’applique aussi d’une filière à l’autre. Ainsi, en première année d’une formation CCP, l’apprenti ou l’apprentie percevra le même montant que dans une formation DAP avant le projet intégré intermédiaire. Le même principe vaudra pour la troisième année du CCP et la formation DAP après le projet.
Le directeur adjoint de la Chambre des salariés, Claude Cardoso, précise cependant que personne n’y perdra : “Il y a quelques exceptions, trois à quatre métiers qui se situent au‑delà, pour lesquels une exception est prévue. Personne ne perdra quoi que ce soit, bien au contraire : au final, ils y gagneront tous.”
Ces nouveaux montants ont désormais été alignés sur le salaire social minimum non qualifié. “Depuis 2000, les indemnités ont perdu 28 % de leur valeur par rapport à l’évolution du salaire minimum, sans compter les tranches d’index. Cela représente presque un tiers”, explique Claude Cardoso.
Les changements ne concernent pas uniquement les apprenties et apprentis. Les entreprises recevront elles aussi une prime par apprenti. Tom Wirion, directeur de la Chambre des métiers, précise :
“C’est également important pour les entreprises, qui investissent du temps et de l’engagement. Une prime de 750 euros par apprenti et par an sera versée pour valoriser cet effort. Nous voyons dans cette réforme une situation gagnant-gagnant, même s’il faudra naturellement voir comment les choses évoluent.”
Avec cette nouvelle réforme, les entreprises qui s’engagent et accueillent des apprentis et apprenties ne seront pas davantage mises à contribution. Les coûts supplémentaires liés aux nouvelles indemnités seront remboursés par l’État, précise le ministre de l’Éducation.
Le Conseil de gouvernement a adopté le projet de loi le 6 février, mais plusieurs étapes restent à franchir avant que la réforme n’entre effectivement en vigueur. C’est pourquoi il a été décidé que le système réformé s’appliquera avec effet rétroactif au 1er janvier 2026. Une fois la loi entrée en vigueur, les apprentis recevront rétroactivement la différence par rapport aux nouveaux montants, et les entreprises seront elles aussi rapidement remboursées rétroactivement.