LuxembourgLes hôpitaux doivent être mieux équipés pour faire face aux canicules

Raphaëlle Dickes
adapté pour RTL Infos
Les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes représentent un véritable défi pour les hôpitaux. Afin de mieux protéger les patients et le personnel, le ministère de la Santé et les hôpitaux ont étudié les possibilités d’adaptation et d’amélioration des infrastructures.
© Chris Meisch

La salle d’attente des urgences de la clinique pédiatrique est équipée depuis peu de l’une des 15 unités de climatisation que la Direction de la Santé a pu commander pour chacun des grands hôpitaux du pays après la canicule. Les plafonds rafraîchissants de la Kannerklinik ne suffisaient pas lors des fortes chaleurs. Dans certaines salles, des températures allant jusqu’à 28 degrés ont été mesurées pendant la canicule de fin juin, explique Zoé Kabanda, responsable des urgences de la clinique pédiatrique.

Au CHL, les 30 degrés ont été dépassés dans certaines chambres de patients. Malgré cela, la situation a pu être maîtrisée sans problèmes majeurs, explique la directrice de l’hôpital, la Docteure Martine Goergen : "C’était vraiment dur, il faisait chaud, mais nous avons malgré tout relativement bien maîtrisé la situation. Je tiens vraiment aussi à remercier sincèrement le personnel, car nous n’avons pas constaté d’absences particulières. Les urgences étaient bien remplies, l’hôpital l’était également, mais nous n’avons eu aucune surmortalité, pas plus de personnes décédées de la canicule ou suite à celle-ci que d’ordinaire."

Le nouveau bâtiment du CHL sera mieux adapté à la chaleur

Avant même la canicule, le CHL avait augmenté son stock de ventilateurs, de sorte qu’il y en ait au moins un dans chaque chambre de patient. Équiper chaque chambre d’un système de climatisation n'est pas possible. Comme le CHL est un bâtiment ancien, il faut veiller à éviter la formation d’eau de condensation, qui pourrait ensuite entraîner l’apparition de moisissures. Ce ne serait pas bon pour la santé non plus, souligne la Docteure Goergen.

Le Centre Hospitalier de Luxembourg devrait de toute façon déménager dans son nouveau bâtiment en 2029. Celui-ci sera bien isolé. "L’apport de lumière solaire par les fenêtres a également été réduit, de façon à tenter de limiter autant que possible l’entrée de chaleur. Chaque chambre disposera néanmoins d’un plafond rafraîchissant, efficace jusqu’à 35 degrés." Mais d’ici là, le CHL a besoin d’au moins 60 climatiseurs supplémentaires. Les 15 appareils récemment reçus par l’hôpital ont été répartis en priorité entre les services où il faisait le plus chaud - souvent dans les étages supérieurs - ou encore dans des unités telles que la chimiothérapie, où se trouvent des patients particulièrement vulnérables. Ou encore dans les salles d’attente des services d’urgences, où de nombreuses personnes se retrouvent dans des espaces communs.

En attendant que le Südspidol soit opérationnel, le CHEM a besoin de meilleures infrastructures contre la chaleur

Le Centre Hospitalier Emile Mayrisch (CHEM) à Esch-sur-Alzette s’était déjà doté d’un certain nombre de climatiseurs avant la pandémie. Les unités supplémentaires sont les bienvenues. Elles ont notamment été installées dans les couloirs des étages supérieurs. Un certain nombre de chambres sont équipées de ventilateurs.

Le CHEM aura lui aussi à terme un nouveau bâtiment avec le futur Südspidol. Mais plusieurs années s'écouleront encore avant qu’il ne soit achevé. D’ici là, les anciens bâtiments du CHEM à Esch devront être mieux équipés pour faire face à la chaleur, explique son directeur médical, le Docteur Romain Schockmel. "Il s’agit vraiment de rénover les infrastructures, qu’il s’agisse des canalisations, des autres systèmes, du chauffage et de tout ce qui est nécessaire au niveau des locaux pour créer ici un environnement adapté aux patients." Le système de refroidissement devra être revu en priorité.

© RTL

Une réserve sanitaire pour les épisodes de forte chaleur ?

Par ailleurs, le CHEM aurait également besoin de davantage de personnel pour faire face aux épisodes de chaleur plus grave. C’est l’un des enseignements tirés de la dernière vague de chaleur. Les responsables du CHEM ont dû compter sur la solidarité du personnel soignant. De nombreux collaborateurs se sont portés volontaires pour aider aussi en dehors de leurs gardes. Une aide dont la direction se dit reconnaissante.

La pandémie de Covid-19 fournit des pistes de solution pour faire face aux pénuries de personnel dans les périodes de tension. "Ici, c'est un peu un cas similaire, où nous pouvons agir très rapidement pour obtenir du personnel supplémentaire. C’est dans ce contexte que des sujets tels qu’une réserve sanitaire ou d’autres possibilités visant à disposer rapidement de personnel qualifié sont revenus sur la table", explique le Docteur Schockmel.

Et ce, car lors du deuxième week-end de la canicule de fin juin, les urgences ont accueilli entre 20 et 30 % de patients supplémentaires. Il ne s’agissait pas seulement de personnes âgées vivant seules, mais aussi de nombreux jeunes ayant subi un coup de chaleur pendant la pratique d'un sport, déplore le responsable des urgences, le Docteur Patrick Nrecaj. “Ce qui était un peu regrettable, beaucoup d'activités sportives, en club et autres, ont été maintenues pendant la canicule, ça nous a aussi impacté.” En adoptant des comportements adaptés aux vagues de chaleur, la population peut elle aussi contribuer à soulager les hôpitaux.

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