Martine Deprez dresse un premier bilanCanicule dans les hôpitaux :"Nous n'étions pas encore vraiment préparés"

Tim Morizet
adapté pour RTL Infos
40 degrés à l’extérieur et parfois plus de 34 degrés dans les chambres d’hôpital : la vague de chaleur extrême de la semaine dernière n’a pas seulement éprouvé la population, elle a également mis le système de santé face à de nouveaux défis.
© Domingos Oliveira / RTL ( Archive)

Des patients et des familles se sont plaints ces derniers jours des températures élevées dans les cliniques. Dans certains services, notamment les unités de soins palliatifs, les patients "végétaient", selon des critiques.

Les médecins ont observé de plus en plus de complications au fil des jours : forte déshydratation, nausées et patients qui ne parviennent plus à garder leurs médicaments et doivent être mis sous perfusion.

À cela s’ajoute le fait que, dans de nombreuses chambres d’hôpital, les fenêtres ne peuvent être ouvertes qu’en position oscillo-battante pour des raisons de sécurité. Une aération plus importante n’est pas autorisée dans de nombreux établissements hospitaliers.

Pour beaucoup de personnes concernées, la question se pose donc : nos hôpitaux sont-ils réellement préparés à des vagues de chaleur de plus en plus extrêmes ?

Martine Deprez: "Nous n'étions pas encore vraiment préparés"

La ministre de la Santé, Martine Deprez, dresse certes un premier bilan positif après la récente canicule, mais elle reconnaît que le système de santé luxembourgeois n’est structurellement pas encore adapté à de telles températures. "Contrairement à ce qu'il s'est passé à l'étranger, nous nous en sommes relativement bien sortis, même s’il a fait vraiment chaud ", a déclaré la ministre à l’issue d’un débriefing avec les directions des hôpitaux et la Direction de la santé.

Elle souligne toutefois en même temps : "Nous n’étions en réalité pas encore vraiment préparés sur le long terme."

Ces derniers jours ont mis en évidence une série de points faibles, surtout au niveau des infrastructures. De nombreux bâtiments ont été conçus pour le froid hivernal, mais pas pour la chaleur estivale extrême.

Le personnel s'est mobilisé

Les urgences ont connu ponctuellement une forte affluence. Ce sont surtout des personnes âgées souffrant de déshydratation ou de certaines maladies préexistantes qui ont été admises à l’hôpital.

La ministre a salué explicitement le personnel de santé : "Dès qu'il a été constaté que la situation allait se tendre, les directions ont mobilisé le personnel. Ils sont revenus de congé et n’ont pas hésité à faire des heures supplémentaires."

Jusqu’à présent, aucun indice ne montre que la canicule ait entraîné une hausse de la mortalité au Luxembourg. En France, la possibilité d’une augmentation du nombre de décès après la vague de chaleur, est évoquée depuis plusieurs jours.

Au Luxembourg, cela ne peut toutefois pas être constaté pour le moment.

La climatisation au centre des discussions

La canicule ne s’est dissipée que depuis quelques jours. Le ministère de la Santé souhaite désormais élaborer des mesures à court, moyen et long terme. L’un des sujets les plus importants à cet égard est la climatisation.

À court terme, des climatiseurs mobiles doivent être mis en place. Ce n'est toutefois pas simple : "Dans un environnement hospitalier, c’est encore plus difficile. Ils doivent être équipés de systèmes de filtration", explique Martine Deprez.

Il est cependant prévu de lancer, dans les prochains jours et semaines, des commandes plus importantes.

À moyen et long terme, les futurs hôpitaux et maisons de retraite devront être entièrement réévalués. Les bâtiments existants devront également être progressivement adaptés.

La ministre précise toutefois que tous les patients ne pourront pas bénéficier rapidement d’une chambre climatisée. La priorité sera donnée aux personnes dont la santé est immédiatement mise en danger par la chaleur.

Les fenêtres font polémique

Les restrictions concernant l’aération font actuellement l’objet de nombreuses critiques. Comme les fenêtres ne peuvent être ouvertes qu’en position oscillo-battante pour des raisons de sécurité, de nombreux patients et leurs familles ont le sentiment d’être abandonnés à la chaleur.

Interrogée à ce sujet, Martine Deprez indique qu’elle abordera la question lors des prochaines discussions avec les hôpitaux. "Il s’agit de détails techniques qui doivent être analysés sur place", précise la ministre.

Ne pas encombrer les urgences lors des prochaines canicules

Afin de ne pas mettre les hôpitaux encore plus sous pression, la ministre de la Santé appelle la population à consulter en priorité le médecin traitant ou une maison médicale en cas de problèmes moins graves, plutôt que de se rendre directement aux urgences.

En revanche, les personnes âgées ou vulnérables, en particulier, doivent se faire prendre en charge médicalement rapidement en cas de forte déshydratation ou de malaise.

Back to Top
CIM LOGO