
Lundi, la plateforme JIF (Journée internationale des femmes) a présenté ses revendications, qui ont au fond peu varié par rapport à l'an dernier. Les problèmes se seraient cependant partiellement aggravés.
Alors que beaucoup de choses auraient dû changer à cause de la pandémie et que de nombreuses leçons auraient dû être tirées de la crise, rien n'aurait fondamentalement changé, regrette Michelle Cloos d'OGBL Equality. Les revendications continueraient donc de viser une amélioration de la situation des femmes:
"Qu'il s'agisse de l'égalité salariale, mais aussi de la répartition du temps, de la réduction du temps de travail, pour que chacun ait plus de temps en privé pour se répartir les tâches, qui ne sont pas payées."
Le logement est également un sujet récurrent, affirme Maxime Miltgen des "Femmes socialistes". La crise du logement aurait surtout un impact sur les femmes victimes de violences domestiques, mais aussi sur les ménages monoparentaux, les personnes de couleur et les personnes de la communauté "LGTBIQ+". A ce sujet, la plateforme JIF aurait des revendications claires:
"Un blocage temporaire pour l'achat, d'un deuxième, troisième ou quatrième bien immobilier en vue d'investissements, jusqu'à ce que le marché se soit apaisé. Un système qui introduise une candidature neutre sur le marché immobilier: un propriétaire pourrait uniquement recevoir des candidatures anonymisées pour son bien immobilier et pas rechercher des gens sur base du genre, de la sexualité, de la couleur de peau ou autre et ainsi discriminer."
Une aide publique directe serait également nécessaire dans le cadre des urgences. Un autre point important serait celui de la violence contre les femmes, souligne Yasmine Chlouti de la plateforme JIF:
"C'est pourquoi nous demandons un système dans lequel le meurtre de femmes sera défini et classifié. Cela permettrait d'identifier et d'éliminer les facteurs de risque en rapport avec des meurtres de femmes. Nous sommes donc là dans la prévention. Et dans cette même logique, nous aimerions que le nombre de femmes qui ont été tuées à cause de leur genre, soit quantifié."
Dans ce contexte, la plateforme JIF revendique aussi que le féminicide soit reconnu par le Code pénal luxembourgeois.
C'est avec ces mots que la plateforme JIF (Journée internationale des femmes) réagit à la réponse reçue des autorités communales de la ville de Luxembourg pour la Grève des femmes prévue le 8 mars.
"Nous serions simplement mis sur le même pied que les manifestations antivax. Le tracé de notre défilé serait limité, entre le parking du Glacis et la Place de l'Europe, et cela, sans raison, regrette la plateforme qui a pour objectif de promouvoir la Journée internationale des femmes." "Nous refusons d'être sanctionnés à cause du comportement fautif d'une petite minorité", a affirmé Michelle Cloos de l'OGBL lundi lors de la présentation de la Grève. Il s'agirait ici d'une discussion de principe politique et des droits démocratiques et un gouvernement n'aurait "pas à se cacher derrière une mairie".
Pour elle, il n'y aurait pas d'alternative à une Grève des femmes légale dans un cortège qui irait de la Gare à la Place d'Armes, comme c'était déjà le cas ces deux dernières années. La plateforme aurait demandé une réponse écrite à la demande de manifestation et elle espère encore un revirement de la bourgmestre de la capitale.
Il n'aurait pas encore été décidé quel sera le couloir de manifestation pour la Grève des femmes du 8 mars. Une marche de la Gare à la Ville haute avec deux milles participants, aurait été enregistrée auprès des autorités communales, a expliqué la bourgmestre de la capitale, Lydie Polfer, en réaction aux critiques de la plateforme JIF, selon lesquelles les manifestants devraient rester dans le même couloir que les manifestants contre les mesures Covid, c'est-à-dire entre le Glacis et la Philharmonie.
Nous n'en serions pas encore à une telle décision. Les responsables communaux auraient demandé aux organisateurs de rencontrer des représentants de la police. Au final, il appartiendrait à la police de fixer le parcours de la manifestation et d'estimer les risques.