
Les juges ont prononcé la relaxe des ex-journalistes Marc Thoma et Sophie Schram et confirmé la relaxe en première instance de l'ex-directeur de RTL, Alain Berwick.
L’avocate de Sophie Schram, Maître Lydie Lorang, a déclaré après le prononcé : "Enfin, le droit et la justice ont été rendus."
Les faits remontent à l’automne 2016, il y a près de 10 ans. Sophie Schram avait réalisé une interview avec Enrico Lunghi. Au cours de celle-ci, il avait repoussé son micro et l’avait saisie par le poignet.
La scène avait été diffusée onze jours plus tard dans un reportage dans lequel Sophie Schram apparaissait avec un pansement au bras. Par la suite, Enrico Lunghi avait fait l’objet d’une procédure disciplinaire et avait démissionné de son poste. Depuis près de dix ans, la question est donc de savoir si le reportage avait donné une fausse image d'Enrico Lunghi. En effet, dans ce reportage, 28 secondes avaient été coupées et il n’avait pas été mentionné qu'Enrico Lunghi s’était ensuite excusé auprès de la journaliste.
En première instance, les ex-journalistes de RTL avaient été condamnés pour diffamation et calomnie à une amende de 1.000 euros.
Après la relaxe en appel, Lydie Lorang a déclaré que sa cliente a ressenti un immense soulagement : "Mais nous nous sommes demandé : comment lui rendre ces dix années pendant lesquelles elle a été insultée, harcelée, ridiculisée, présentée comme incompétente, pendant lesquelles elle a dû quitter le pays et elle a tout simplement été piétinée ? Qui lui rendra ces dix années ?"
L’avocat de Marc Thoma, Maître Daniel Baulisch, a déclaré qu’il s’attendait à ce jugement : "C’est un grand jour pour la liberté de la presse, non seulement pour mon client, Monsieur Thoma, mais aussi pour les journalistes et la liberté de la presse dans ce pays. Qu’il ait fallu en arriver là constitue en partie un constat d’échec pour la justice. Mais je suis heureux que la Cour d’appel ait finalement redressé la barre. J’avais un bon pressentiment, car elle s’est fait sa propre opinion et ne s’est pas laissé influencer par le Conseil de presse, l’ALIA ou le Commissaire à la discipline."
Dans une affaire distincte, Enrico Lunghi a été condamné à une amende de 8.000 euros, et son épouse, Catherine Gaeng, à une amende de 5.000 euros ainsi qu’à 12 mois de prison avec sursis. Dans un livre sur cette affaire, Catherine Gaeng avait publié des informations issues du dossier d’instruction. Dans ce dernier cas, le procès en appel est encore à venir.