
Pendant la pandémie, les élèves ont perdu environ 35 % du programme d'une année scolaire par rapport aux années normales.
Ce sont surtout des enfants issus des milieux socio-économiques plus faibles dans des pays pauvres qui sont plus fortement touchés.
Les scientifiques recommandent de compenser ces déficits par des offres supplémentaires.
Les déficits auraient été plus importants en mathématiques qu'en lecture par exemple. Les auteurs expliquent cela par le fait que pendant le confinement, il aurait été plus facile pour les parents de lire que de résoudre des problèmes de mathématiques.
Cette analyse a repris des études réalisées dans 15 pays, dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Mexique et le Brésil. Aucune étude luxembourgeoise n'a été prise en compte.
Pour le Professeur Klaus Zierer de l'Université d'Augsbourg, le déficit d'apprentissage créerait une "génération coronavirus", qui aurait particulièrement souffert de la pandémie. Ce serait le cas des plus jeunes, issus des milieux socio-économiques plus faibles.
"Plus tôt vous pouvez prendre des contre-mesures, mieux c'est. Le problème est certainement que, compte tenu de la pénurie (mondiale) d'enseignants, c'est surtout le personnel qui manque. De plus, les concepts n'ont pas été développés et tout tend vers la numérisation, qui ne s'est pas révélée comme un sauveur pendant la pandémie, mais comme un amplificateur des lacunes éducatives (notamment dans les loisirs en raison d'une consommation croissante et irréfléchie). Au contraire, la numérisation est un facteur d'injustice en matière d'éducation, car les médias numériques sont utilisés différemment selon le niveau d'éducation. Le défi pour les deux ou trois prochaines années reste donc de proposer des concepts raisonnables", explique le Professeur Klaus Zierer, spécialiste de la pédagogie scolaire.

Interrogé, le ministère luxembourgeois de l'Education indique que les scores de compétences dans les tests standardisés seraient restés assez stables au cours des dernières années. Le Luxembourg se serait mieux sorti de la pandémie que d'autres pays, les écoles auraient été ouvertes plus longtemps pendant la durée de la pandémie. Le rapport sur l'éducation serait arrivé à des conclusions similaires.
Le ministère serait malgré tout conscient du fait qu'il reste encore de gros déficits aussi dans les écoles luxembourgeoises. D'une part, il y aurait un écart entre les élèves issus de contextes linguistiques différents, et d'autre part, des facteurs socio-économiques joueraient également un rôle dans les inégalités.
L'article paru dans Nature Human Behaviour
Les résultats des épreuves standardisées