Réunion de crise à la coopérative Prolek Les agriculteurs voudraient une laiterie avec une production locale

Michèle Sinner
adapté pour RTL Infos
Lundi soir, les membres de la coopérative laitière Prolek étaient réunis à Junglinster pour une réunion de crise. Et ce, après que Lactalis a annoncé la semaine dernière qu’elle ne prolongerait pas le contrat au-delà du mois de mars 2027.
© Ketty et Rom Hankes

Cette annonce a profondément marqué les producteurs laitiers membres de la coopérative.

"D'abord, on est vraiment sous le choc, je dois dire honnêtement. Et avec le temps, on commence seulement à réaliser ce que cela signifie. Il y a déjà eu beaucoup de nuits sans sommeil", explique Christophe Ernster. Presque tous les membres de la coopérative étaient présents à la réunion de crise.

Frank Daleiden détaille : "L’ambiance était tendue, mais tout à fait correcte. Ils ont posé leurs questions. Mais vous étiez là en bas, vous n’avez pas entendu grand-chose."

Le comité a répondu à toutes les questions, dans la mesure du possible, a précisé le président Vic Wirtz après la réunion. Il maintient que la coopérative va tenter de trouver collectivement un acquéreur.

"La cohésion est très forte, elle n’est à aucun moment remise en question."

Les agriculteurs restent optimistes. C’est une nécessité dans leur métier, disent-ils. Mais Vic Wirtz est clair : "Il s’agit de l’existence de 68 exploitations. Littéralement de leur existence."

Le chômage n’est pas prévu dans ce cas, souligne Frank Daleiden. Par ailleurs, les exploitations n’ont aucune influence sur cette décision, même en améliorant la qualité de leur lait. Elles continuent pourtant à investir de manière conséquente.

"À l’époque, j’ai acheté deux robots de traite, ainsi qu’un tank à lait et j’ai agrandi l’étable pour atteindre 60 vaches. Nous en étions alors presque à un million d’euros. Nous recevons certes des aides, mais il reste une lourde dette résiduelle. Et si l’on ne reçoit plus de paiement pour le lait, cette dette devient impossible à rembourser."

Il préfèrerait que Prolek puisse approvisionner une laiterie qui produit localement, car celle-ci risquerait moins de se délocaliser.

"L’idéal serait une coopérative dans laquelle il faut acheter des parts, mais dont on fait partie intégrante."

Christophe Ernster lui aussi souhaiterait une solution : "Dans laquelle nous aurions une laiterie avec laquelle nous pourrions collaborer sur le long terme. J’ai aussi un petit garçon à la maison qui s’intéresse à l’exploitation. Et c’est bien sûr dommage, si vous avez repris une exploitation, vous souhaiteriez la transmettre. Avec tous les moyens qui nous avaient été mis à disposition à l’époque."

Ils espèrent qu’un peu de temps supplémentaire leur sera encore accordé. En France, Lactalis avait laissé deux ans aux agriculteurs pour chercher une solution. Le comité de Prolek travaille en tout cas activement à en trouver une.

Lundi, la direction de la coopérative a également rencontré la ministre de l’Agriculture, Martine Hansen. Cette dernière souhaite examiner de quelle manière le gouvernement peut aider les agriculteurs concernés.

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