PédopsychiatrieLe tabou du suicide chez les enfants au Luxembourg

RTL Infos
Les enfants âgés de 6 ans peuvent déjà développer des pensées suicidaires. Un fait rare, mais des tentatives ont déjà été enregistrées chez des enfants de 10 ans. Que faire pour les éviter ?

La clinique pédiatrique (Kannerklinik) du CHL à Luxembourg-Ville a enregistré en 2021 et 2022 une moyenne de 25 hospitalisations par an suite à des tentatives de suicide chez des enfants. Dans 19 cas, ils étaient âgés de moins de 13 ans.

Le docteur Claudio Pignoloni, chef du service de pédopsychiatrie, explique que le lien avec les parents ou les figures principales de leur enfance joue un rôle essentiel: "ce sont souvent des enfants qui ont vécu différents types de traumatismes durant leur évolution. Notamment des disputes dans la famille, de la violence sous toutes ses formes et de nombreux parents ont développé de gros problèmes dans leur parentalité".

Prédispositions génétiques, parents ou tuteurs, milieu ou société, en général plusieurs facteurs combinés poussent un enfant à penser au suicide ou de passer à l'acte. Les structures familiales qui changent, des parents stressés au travail ou encore l' insécurité financière de la famille peuvent également peser dans la balance. "Nous voyons souvent des parents qui expriment un sentiment de souffrance ou qui sont atteints d'une maladie psychiatrique", explique le pédopsychiatre.

Ces parents doivent être pris en charge le plus rapidement possible afin de préserver un lien optimal avec l'enfant, l'une des meilleures préventions du suicide chez les plus jeunes.

DES SIGNES À PRENDRE AU SÉRIEUX

Certains enfants parlent ouvertement de leurs pensées suicidaire, il faut les prendre au sérieux et les thématiser avec eux tout en posant des questions concrètes: "cela leur apportera un apaisement, car ils se sentiront écoutés et ils auront enfin le sentiment que quelqu'un comprend comment ils se sentent", explique le docteur Pignoloni.

Une sensibilité accrue, des troubles du comportement, des enfants qui s'isolent, qui travaillent moins bien à l'école ou qui ne participent plus aux jeux sont des signes qu'il ne faut pas banaliser. Une visite chez un spécialiste peut être utile, même si cette forme de prévention est parfois compliquée car les cabinets sont généralement débordés. Le chef de la pédopsychiatrie à la Kannerklinik déplore l'absence d'une structure pluridisciplinaire au Luxembourg qui permettrait une meilleure prévention.

Toute personne concernée par ce problème peut obtenir plus d'informations et se manifester en suivant ce lien.

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