
Le syndicat professionnel de l’armée luxembourgeoise, le SPAL avait convié la presse lundi matin à sa conférence de rentrée, l'occasion de présenter une liste relativement longue de revendications.
Les désaccords entre le SPAL et la hiérarchie militaire autour du général Steve Thull ne datent pas d’hier. À cela s’ajoutent désormais des relations qui ne seraient pas non plus au beau fixe avec la ministre de tutelle, Yuriko Backes. Le syndicat déplore notamment de n’avoir qu’une seule réunion par an avec la ministre, ce qu’il juge insuffisant. Cette communication jugée insatisfaisante contribuerait également au climat morose au sein de l’armée. Afin de disposer de données objectives sur la situation, le syndicat réclame une enquête de satisfaction objective.
Le principal problème réside toutefois dans le manque de personnel, qui fait peser une pression considérable sur chacun. Pour y remédier, le SPAL réclame notamment la création d’une réserve militaire. Son président, Christian Schleck, explique quelle forme celle-ci pourrait prendre et quelles missions elle pourrait remplir :
"Il faudra examiner les différentes possibilités, par exemple maintenir pendant un certain temps dans la réserve les personnes qui quittent l’armée. Il faut au minimum envisager un effectif équivalent à un peloton, puis, à terme, à une compagnie, afin de pouvoir progressivement soutenir les effectifs actuellement en service. Une telle réserve pourrait notamment être mobilisée lors de crises nationales, par exemple en cas d’inondations ou de catastrophes naturelles. Ces personnes devraient pouvoir être déployées partout où leur intervention est nécessaire."
À l’étranger, certains pays seraient déjà bien plus avancés en la matière. La notion d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée revient aujourd’hui régulièrement dans le monde du travail, et l’armée ne fait pas exception. Pour permettre de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale, il faudrait disposer de différentes offres.
"Il faudrait par exemple une crèche afin d’apporter un soutien supplémentaire aux familles, notamment lorsque les militaires sont en mission ou participent à des exercices. Nous aurions également de nouveau besoin de logements de service, au moins à mi-chemin entre Arlon et Diekirch, notamment avec le prochain bataillon binational."
Concernant ce bataillon binational, le SPAL déplore que plusieurs questions juridiques liées au stationnement de soldats et de matériel luxembourgeois à l’étranger restent encore en suspens. Le syndicat estime par ailleurs que les militaires envoyés à Arlon devront être remplacés par de nouvelles recrues au Härebierg.
En matière de formation, le syndicat souhaite qu’à l’avenir, une grande partie de celle-ci soit dispensée dans un centre de formation au Luxembourg.
"Une partie de la formation de base pourrait y être centralisée. Il ne s’agirait pas des spécialisations, mais, par exemple, d’un tronc commun militaire. Cela présenterait plusieurs avantages : moins de formations à l’étranger et des absences du domicile plus courtes, une moindre dépendance à l’égard des écoles des armées étrangères, davantage de stabilité dans la formation, une capacité accrue en matière de recrutement ainsi qu’une meilleure formation continue, davantage adaptée aux besoins de l’armée."
Actuellement, quelque 1.200 personnes travaillent au sein de l’armée luxembourgeoise. D’ici 2035, cet effectif devrait passer à près de 2.000 personnes. Concernant le nouveau général Claude Robinet, qui prendra ses fonctions à la tête de l’armée à la fin du mois en succédant à Steve Thull, le syndicat se montre prudemment optimiste quant à la possibilité d’établir une bonne collaboration avec lui.
La cérémonie officielle marquant la passation de fonctions au poste de chef d’état-major aura lieu lundi prochain, le 28 septembre, dans le parc de Mersch.

Dans la nuit de vendredi à samedi, des drones ont fortement perturbé le trafic aérien au Findel. Les circonstances exactes de cette action ne sont pas encore connues, mais le Premier ministre Luc Frieden a souligné que le gouvernement prenait cet incident très au sérieux. En marge de la conférence de presse, le président Christian Schleck a également été interrogé sur l’incident au Findel. Voici ce qu’il a répondu :
"À ce stade, nous ne savons pas dans quelle mesure l’armée a été impliquée. Mais il faut aussi préciser, en ce qui concerne notre position sur le budget de la Défense, que nous estimons qu’il faut soutenir ce budget, tout en veillant à ce qu’il soit utilisé de manière intelligente. Mais surtout, lorsque des activités de ce type se produisent, il faut examiner dans quelle mesure le budget de la Défense pourra, à l’avenir, être utilisé pour permettre de détecter plus tôt ce genre de menaces ou, le cas échéant, d’améliorer la communication, afin de pouvoir garantir la sécurité nécessaire au Findel, dans le cas présent, mais également celle de la population."
L’armée luxembourgeoise dispose en tout cas de certaines compétences ainsi que d’une expérience dans l’utilisation de différents modèles de drones, qui pourraient constituer une valeur ajoutée.