
Un service secret se doit d’être... secret. Quand une personne, qui ne travaille pas encore au sein du service en tant qu’informaticien, arrive à créer une liste de trois pages avec les coordonnées de 80 collaborateurs internes ou externes, on peut se poser des questions quant à la sécurité des systèmes.
Alors que cette personne a alerté le service de renseignement et le monde politique, aucune suite n’a été donnée à cet avertissement jusqu’à présent. De là à parler de nouvelle “Affaire Srel”, peut-être pas mais cette fuite d’informations ne devrait pas laisser les responsables politiques indifférents.
C’est dans le cadre de son recrutement que ce fonctionnaire a réussi à établir cette liste de plusieurs dizaines de collaborateurs en essayant de trouver toutes les informations accessibles librement afin de maximiser ses chances d’obtenir le poste. Il a finalement prévenu les responsables, dont la cheffe du Srel, par e-mail.
Un des responsables lui aurait demandé comment il s’était procuré cette liste et s’il pouvait lui citer quelques noms. Après la lecture d’une vingtaine d’entre eux, le responsable aurait réagi de manière agitée et nerveuse en demandant la destruction de cette liste.
Pour le lanceur d’alerte, il ne faut pas que cette histoire soit reprise au niveau politique mais comme il fallait absolument résoudre ce problème, il a également alerté le Premier ministre et la cheffe du service concerné, sans obtenir de réponse de leur part. C’est alors que le fonctionnaire a contacté Paul Konsbrück, chef de cabinet du ministre d’État, et trois députés, un de la majorité et deux de l’opposition. Après cette entrevue, le candidat s’est vu refuser le premier poste pour lequel il avait postulé, et il n’a toujours pas eu de nouvelles concernant les deux autres.
Il faudra également attendre le résultat de la prochaine réunion de la Commission de contrôle du service de renseignement prévue le 20 novembre prochain. Le candidat qui souhaite réellement travailler au sein du Srel espère pouvoir accéder à “cet honneur”. Jusqu’à présent, il n’a été confronté à aucun problème de la part des responsables mais il souligne également n’avoir jamais été remercié pour son information. En attendant, la liste comprenant les noms des collaborateurs du Srel est en sécurité dans un coffre-fort. L’homme s’est dit néanmoins “dégoûté de la manière dont cette histoire a été traitée”.