LuxembourgLe secteur de l'alimentation confronté à des défis multiples

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L'inflation, les prix élevés de l'énergie et des matières premières, le manque de main-d'oeuvre qualifiée: le secteur de l'alimentation est confronté à de nombreux défis
© AFP (archive)

Ces défis étaient au centre de la table ronde organisée mercredi par IP  "Ipeople – Lët'z Talk" et à laquelle étaient invités cinq entrepreneurs du secteur de l'alimentation.
Au Luxembourg, nous aurions la chance que pour les produits destinés à notre marché, il y ait encore suffisamment de blé luxembourgeois, grâce à la filière "produits du terroir" qui a été développée. Nous serions quasiment en autarcie, explique Carole Muller, CEO de Panelux/Fischer. Mais un problème majeur serait que les contrats ne seraient plus honorés.

"Avant nous avions des contrats et ils étaient respectés. Aujourd'hui la pression sur nos fournisseurs est telle que nous avons de nombreux fournisseurs, avec lesquels nous collaborons depuis 20,30 ans, et qui n'ont jamais rompu un contrat, qui nous disent 'nous ne vous livrerons plus'. 'Vous ne devez pas accepter le prix, mais nous ne pourrons plus livrer.' Et je pense, dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui, la pression vient de partout. La pression vient de nos fournisseurs, de nos matières premières, nous ne trouvons pas de personnel, nous avons eu une tranche indiciaire. Et c'est simplement ça que nous devons voir aujourd'hui, comment pouvons-nous nous adapter. Evidemment, en tant qu'entreprises, nous prenons sur nos marges, mais tenir toute cette pression sur nos marges, en tant que chefs d'entreprise, nos entreprises vont avoir des problèmes."

En outre, il ne faudrait pas oublier le facteur de la spéculation, qui continuerait à faire monter la spirale des prix, explique Christiane Wickler, directrice des Pall-Center et présidente du conseil d'administration de Cargolux. Elle appelle à ne pas paniquer. Actuellement, dans la branche alimentaire, nous ne serions pas au double du prix. Les prévisions seraient de 15% d'ici la fin de l'année.

"Nous allons faire ce que l'être humain a toujours fait, nous adapter. Nous devons sortir de la peur, car il ne nous est encore rien arrivé jusqu'à présent et nous allons nous adapter. Par exemple, les gens disent maintenant, tout ce qui est lessive en poudre, augmente. C'est vraiment cette branche qui augmente le plus actuellement. Je suppose aussi à cause de la spéculation. Alors ce sera comme c'était avant. Je pense que maintenant, nous lavons tous notre t-shirt après l'avoir porté. Nous ne le laverons plus que tous les trois jours. Ce seront de nombreux pourcents économisés."

En tant qu'entrepreneur, il faudrait aussi simplement examiner les opportunités. Pendant le confinement, la Brasserie a transformé sa productivité, explique Mathias Lentz, directeur de la Brasserie nationale."Pourquoi remplissons-nous d'abord Bofferding, ensuite Battin et puis l'eau? Pourquoi ne pas faire l'inverse? Cela signifie que nous avons amélioré notre productivité de 45%, ce qui est super. Maintenant il y a la guerre: les matières premières et l'électricité ont augmenté et nous sommes en train de réfléchir comment nous pourrions faire. Nous mettons des compteurs partout. Devons-nous toujours laisser les chauffages allumés? Pouvons-nous éteindre les lumières? Installons-nous des panneaux solaires? Cela signifie qu'avec cela, nous pouvons aussi économiser de l'énergie. En toute chose, il faut voir les opportunités. Et quand tout ce sera à nouveau calmé, nous serons une nouvelle fois en avant, car nous n'aurons pas paniqué, mais nous aurons regardé les opportunités."

La demande de produits bio a nettement augmenté pendant la pandémie. Et maintenant que les engrais n'arrivent plus à cause de la guerre en Ukraine, les produits bio seraient un avantage, mais la demande est en recul dans toute l'Europe, selon Ander Schanck, directeur d'Oikopolis, propriétaires des magasins Naturata et de BioG.

"Nous sommes ici au Luxembourg dans un pays qui n'a pas d'effets d'échelle. Cela signifie que nous sommes toujours chers à la production et que, par conséquent, nous ne pouvons pas être très compétitifs en ce qui concerne les prix."

La situation ne serait effectivement pas évidente pour l'instant, mais nous aurions encore beaucoup de chance au Luxembourg. Änder Schanck:

"Je peux toujours me consoler avec le fait que quoi qu'il en soit, ce qui se passe en Ukraine avec la population, c'est un tout autre numéro que ce qui nous arrive et quand nous nous plaignons des prix élevés. C'est simplement d'une tout autre mesure."

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