Epidémies, crise énergétique, hausse du salaire minimum...Le secteur agricole est confronté à de multiples défis, selon la Centrale paysanne

Dany Rasqué
adapté pour RTL Infos
La "Bauerenzentral", la Centrale paysanne, a tenu son assemblée générale mardi soir en présence de la ministre de l'Agriculture, Martine Hansen. Les agriculteurs ont évoqué leurs inquiétudes, leurs difficultés et leurs revendications.
© Dany Rasqué

Que va‑t‑il arriver cette année au secteur agricole ? C’est à cette question que le président de la Centrale Paysanne, Christian Wester, s’est intéressé mardi soir lors de l’assemblée générale de la Bauerenzentral. La guerre au Moyen‑Orient et la hausse des prix des engrais qui en découle ont ainsi montré ces trois dernières semaines à quelle vitesse tout peut basculer. Mais les agriculteurs ont encore bien d’autres préoccupations.

“Tout faire pour empêcher que la dermatose nodulaire contagieuse n’arrive chez nous”

L’une d’elles concerne les épidémies touchant les animaux. Cette inquiétude n’est pas nouvelle après les épidémies de fièvre catarrhale ovine ou de grippe aviaire, mais avec la
dermatose nodulaire contagieuse, il s’agit d’une maladie dont les conséquences sont radicales. La dermatose nodulaire contagieuse (Lumpy Skin Disease - LSD, en anglais) est un virus qui touche exclusivement les bovins, qui doivent être abattus dès qu’un cas est détecté dans un élevage.

Le président de la Centrale Paysanne, Christian Wester, explique que si l’on écoute les scientifiques, la question n’est pas de savoir si l’épidémie arrivera au Luxembourg, mais quand elle arrivera. “Si elle arrive, à quel point sommes-nous préparés, sommes‑nous vraiment suffisamment bien préparés ?

La ministre de l’Agriculture, Martine Hansen, a répondu que le Luxembourg est en train de faire tout ce qui est possible. Des vaccins ont été réservés, mais ceux‑ci ne peuvent être administrés qu’à partir du moment où un cas positif apparaît dans le pays. La semaine prochaine, le virus sera à l’ordre du jour de la réunion des ministres européens de l’Agriculture. Par ailleurs, Martine Hansen recommande aux agriculteurs, justement en raison des conséquences drastiques, de bien réfléchir à l’endroit où ils achètent leur bétail.

Une fois que la maladie est là, elle est là. Et lorsqu’elle est là, il n’y a pas le choix : il faut abattre, et abattre est terrible. La souffrance personnelle est terrible lorsqu’un élevage entier doit être abattu. C’est pourquoi nous devons tout faire pour empêcher que cette maladie n’arrive chez nous.

Hausse structurelle du salaire minimum combinée à un index : “du poison pour l’emploi”

Un véritable défi, sachant qu’elle peut notamment être transmise par des insectes piqueurs. La Centrale Paysanne a pourtant d’autres sujets de préoccupation, énumérés par son premier vice‑président, Eric Pesch : “Le budget agricole européen, la taxe de mobilisation, la réforme de l’impôt foncier, une nouvelle loi agricole et, actuellement, cette guerre plus que problématique et la crise énergétique qui en découle.

© Dany Rasqué

Le gouvernement ne doit pas oublier l’agriculture lorsqu’il s’agit des conséquences de cette crise, explique Eric Pesch, tandis que Christian Wester espère que les coûts n’augmenteront pas encore davantage pour les exploitations. “L’augmentation du salaire minimum est sur la table et c’est un sujet de préoccupation pour l’agriculture. Les exploitations deviennent plus grandes, elles emploient du personnel, les coûts explosent. Les revenus, les prix du lait sont actuellement en chute libre. Si, en plus, une hausse structurelle du salaire minimum combinée à une tranche d’indexation, arrive, ce sera du poison pour l’emplois

Ce message doit être porté par la ministre Martine Hansen lors du prochain Conseil de gouvernement. Cette dernière est très appréciée des agriculteurs, contrairement au ministère de l’Environnement et à son responsable. Christian Wester a relaté une réunion qui s’est tenue deux jours plus tôt au sujet du Plan de protection de la nature :

Des questions critiques ont été soulevées par le secteur agricole, et les fonctionnaires qui dirigeaient la réunion sont apparus émotionnellement tendus et relativement arrogants à chaque question, ce qui rend une bonne collaboration relativement difficile. Les agriculteurs étaient presque prêts à dire : ‘Nous n’avons pas besoin de ça’, mais nous ne voulons pas claquer la porte, nous voulons rester ouverts au dialogue.

C’est pourquoi ils ont accepté de suivre toute la procédure, mais avec un résultat qui déçoit les agriculteurs, conclut Christian Wester.

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