
Jeudi après-midi, à la Chambre des députés, une heure d'actualité sera consacrée à la liberté de la presse pendant la pandémie, et il semble que ce soit nécessaire. Les menaces, insultes et intimidations envers la presse se seraient multipliées pendant la pandémie. Et cela irait très loin, jusqu'à des menaces de mort, a souligné jeudi sur RTL Roger Infalt, le président de l'ALJP, l'Association luxembourgeoise des journalistes professionnels.
Les gens ne contrôleraient plus leur colère. Remontés par des fake news et des théories conspirationnistes, de nombreux citoyens ne sauraient plus ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas.
Les fausses informations et les faits alternatifs auraient compliqué le travail des journalistes. C'est pour cette raison que le président de l'ALJP est clairement favorable à une loi contre les fake news, car ces dernières deviendraient de plus en plus dangereuses. Avant, il y avait simplement des circulaires jetées dans les boîtes aux lettres, aujourd'hui, les réseaux sociaux permettraient d'atteindre beaucoup plus de gens, qui prendraient cela pour argent comptant.
Roger Infalt considèrerait également problématique le rôle de l'ADR. Ses membres qualifieraient de plus en plus les médias au Luxembourg de "Lügenpresse" (presse mensongère) et cela nuirait à la confiance des gens en la presse. Les politiques devraient prendre le problème à la racine et ne pas tergiverser.
De manière générale, c'est une période difficile pour les médias, mais le Luxembourg se distingue aussi négativement par rapport à d'autres pays en matière de liberté de la presse. Dans le rapport de Reporters sans frontières, le Grand-Duché s'est classé à la 20e place en 2021, perdant trois places par rapport à 2019 et 16 par rapport à 2014. Selon le président de l'ALJP, la principale raison à cela serait que le Luxembourg est le seul pays de l'Union européenne, avec Malte, à ne pas avoir un droit d'accès à l'information pour les journalistes. L'ALJP le revendiquerait depuis 12 ans. Particulièrement en ces temps de pandémie, il serait important que les journalistes puissent accéder aux informations et ne pas se heurter aux murs des départements communication dans les ministères. Ces murs seraient de plus en plus hauts et les journalistes ne disposeraient actuellement d'aucun instrument pour les franchir. Il faudrait une loi pour ça, explique Roger Infalt.