
Depuis bientôt un an, la guerre en Ukraine met à rude épreuve le caractère pacifiste du Luxembourg.
"Ce n'est pas que la "guerre ukrainienne", c'est aussi la défense des valeurs pour lesquelles de nombreux gens sont morts", avait déclaré Xavier Bettel lors de sa visite à Kiev le 21 juin dernier.
"C'est notre obligation morale de soutenir le peuple ukrainien dans leur combat pour leur liberté", avait ensuite déclaré le Premier ministre lors de son discours sur l'état de la Nation en octobre. "Nous vivons aujourd'hui en liberté, parce que, il n'y a pas si longtemps, d'autres pays ne nous ont pas abandonné."
En pas loin d'un an d'affrontements, la guerre en Ukraine a fait près de 180.000 morts ou blessés dans les rangs de l'armée russe, et 100.000 côté ukrainien sans compter 30.000 civils tués, selon des estimations données dimanche par le chef de l'armée norvégienne. "Les pertes russes commencent à approcher environ 180.000 soldats morts ou blessés", a affirmé le chef d'état-major norvégien Eirik Kristoffersen dans une interview à la chaîne TV2, sans préciser l'origine de ces chiffres.
Un bilan qui ne prend pas en compte les millions de réfugiés ukrainiens, contraints de quitter leur pays.

À défaut de pouvoir faire jouer son expérience diplomatique avec un envahisseur qui ne souhaite pas écouter, le Luxembourg a rejoint une position plus tranchée.
Au cours des onze mois écoulés, le pays a fourni à l'Ukraine plus de 75 millions d'euros de matériel létal et non-létal. Et il s'est engagé dans une mission de deux ans pour la formation du personnel militaire ukrainien. Un engagement militaire qui va se poursuivre. Tout comme l'aide humanitaire, à l'image de la campagne "Ukraine is calling" lancée par l'association luxembourgeoise LUkraine, qui a déjà rassemblé plus 520.000€ pour acquérir des véhicules de secours au profit de l'Ukraine.
"Si on arrête de mettre des armes à disposition de l'Ukraine, la guerre sera finie. Mais sous quelles conditions? À des conditions horribles ! C'est la Russie qui gagnerait et puis elle ne va pas s'arrêter, elle va continuer",
a jugé Jean Asselborn au conseil des Affaires étrangères européen lundi 23 janvier. "C'est pour ça qu'il n'y a qu'une solution, une ligne de conduite: on doit aider l'Ukraine à se défendre contre la Russie. À mon avis, la guerre se terminera quand la Russie verra qu'elle ne peut pas gagner cette guerre." Une position partagée par François Bausch, qui expliquait lundi matin sur RTL que le Luxembourg poursuivra son effort militaire en faveur de l'Ukraine.Fin novembre, quelque 4.902 Ukrainiens avaient déposé une demande de protection temporaire au Luxembourg. Il s'agit d'un statut d'urgence mis en place en Europe pour mettre de réagir à l'afflux massif de réfugiés. Il a été prolongé pour une année supplémentaire, jusqu'au 4 mars 2024. Certains Luxembourgeois, comme Lisa et Pierrot, accueillent aujourd'hui encore des réfugiés chez eux.