Label "vert" controverséLe Luxembourg opposé à la classification du nucléaire comme énergie durable

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Le gouvernement regrette la proposition de la Commission européenne d’intégrer l’énergie nucléaire et le gaz naturel dans un cadre visant à favoriser les investissements durables.
© PATRICK HERTZOG / AFP

Le Luxembourg, qui depuis le début des négociations s’opposait à une éventuelle inclusion de l’énergie nucléaire et du gaz naturel dans le système de classification commun pour les activités économiques durables, s’oppose à cette décision de la Commission. Bruxelles a décidé d'inclure le nucléaire dans son label pour les investissements verts, une inclusion ardemment défendue par Paris.

Mais pour le gouvernement luxembourgeois, le nucléaire et le gaz ne sont pas des énergies renouvelables. "La véritable transition vers la neutralité climatique doit faire abstraction des énergies fossiles tout comme de l’énergie nucléaire, technologie coûteuse et hautement dangereuse non seulement pour les citoyens, mais aussi pour l’environnement et les ressources naturelles" précise le communiqué.

EN DÉSACCORD AVEC LA COMMISSION

Le Luxembourg signalera son opposition à la Commission dans le délai prévu. Si le texte est adopté en l'état en janvier, le Luxembourg continuera à s’opposer au sein du Conseil à cette décision de la Commission. Le Luxembourg est également en train de considérer des voies de recours juridique contre la décision au cas où elle serait adoptée.

La ministre de l’Environnement, Carole Dieschbourg, explique qu'il "s’agit ici de marquer des technologies non durables comme étant durables et, de ce fait, de permettre aux acteurs des énergies fossile et nucléaire d’accéder aux investissements prévus pour la transition verte. Inclure le nucléaire et le gaz naturel dans la taxonomie des finances durables serait de nature à sérieusement entamer sa crédibilité. Voilà pourquoi le Luxembourg fera tout ce qui est dans son pouvoir pour bloquer cette décision et éviter le greenwashing".

UNE ÉNERGIE CHÈRE ET DANGEREUSE

Claude Turmes, ministre de l’Énergie, ajoute: "Les centrales nucléaires ne sont pas durables, nécessitent des décennies de construction, sont dangereuses et bien plus chères que les énergies renouvelables et ne constituent donc pas une voie réaliste pour lutter contre le changement climatique."

La France, qui entend relancer la construction de réacteurs nucléaires sur son sol, avait défendu bec et ongles l'inclusion de cette énergie dans ce label, qui doit permettre d'obtenir des financements plus avantageux.

La ministre allemande de l'Environnement, Steffi Lemke, est sur la même ligne que le Luxembourg. Elle a d'ailleurs qualifié d'"erreur" le projet d'inclusion du nucléaire et du gaz.

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