Amnesty International et CPJPOLe Luxembourg contribue-t-il à financer des violations des droits humains ?

Dany Rasqué
adapté pour RTL Infos
Lundi, une conférence était organisée au Kirchberg par Amnesty International Luxembourg et le Comité pour une paix juste au Proche-Orient, intitulée "Le commerce du Luxembourg avec Israël et le droit international".
Des manifestants lors d'une manifestation "Save Gaza" en octobre 2025 au Kirchberg.
© Domingos Oliveira

Amnesty International Luxembourg et le Comité pour une paix juste au Proche-Orient organisaient lundi une conférence qui portait sur la question de savoir dans quelle mesure les relations économiques avec Israël risquent de soutenir des actions contraires au droit international. Une table ronde faisait également partie de cette conférence, avec comme sujet principal les "Israeli Bonds".

Il s’agit d’obligations d’État israéliennes. Début septembre 2025, la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) a donné son feu vert pour que ces obligations puissent être proposées sur le marché européen. Cette décision a été et reste vivement critiquée par certains, car ces fonds seraient utilisés pour financer des attaques et un génocide contre la population palestinienne. Henri Grün, du Comité pour une paix juste au Proche-Orient, à ce propos :

"Comme l’ont expliqué ici les économistes, l’économie israélienne est tellement liée à l’occupation et à l’industrie de guerre, certes on ne peut évidemment pas dire que ces 10.000 euros ou dollars sont allés [dans l'achat de] telle munition. Mais on peut très clairement affirmer que, d’une manière générale, cet argent va dans l’industrie de guerre israélienne."

Ce n'est pas acceptable non plus pour le député LSAP Franz Fayot. Il faisait partie des invités de la table ronde, avant tout parce qu’il avait demandé à la cellule scientifique de la Chambre d’analyser dans quelle mesure le Luxembourg pourrait être tenu responsable, au regard du droit international, des actions israéliennes dans les territoires palestiniens occupés.

"Je pense que c’est réellement le grand problème ici : le Luxembourg, via sa place financière importante, participe à des financements, que ce soit à travers des fonds ou via les obligations israéliennes, qui permettent en réalité de continuer cette guerre et cette colonisation menées par Israël contre les Palestiniens."

Jean-Louis Zeien, de l’initiative "Devoir de vigilance", était lui aussi invité à la table ronde et il a souligné qu’il faut agir aussi lorsqu’on ouvre les yeux. Il s’est appuyé sur une déclaration du ministre des Affaires étrangères Xavier Bettel, qui a récemment affirmé qu’il fallait agir de toute urgence.

"Et c’est tout à fait juste. C’est pourquoi il a dit : 'Nous devons ouvrir les yeux.' Tout à fait d’accord, mais il ne suffit pas d’ouvrir les yeux, car quand j’ouvre les yeux, je vois quelque chose, et si je vois ce qui est en train de se passer, alors il faut agir. Qui doit agir ici, au Luxembourg ? Il est très clair que c’est la classe politique qui est interpellée. La classe politique est celle qui fixe le cadre, et dans les mois à venir, nous aurons au Luxembourg l’occasion de passer des paroles aux actes, pour ne pas en rester aux mots, mais pour faire en sorte que les actes suivent."

Jean-Louis Zeien demande des lois strictes, qui responsabilisent le secteur financier, afin qu’aucune violation des droits humains ne soit financée. Une possibilité serait la mise en œuvre de la directive européenne sur les chaînes d’approvisionnement.

L’intégralité de la conférence, avec tous les experts et la table ronde en anglais, est disponible sur la chaîne YouTube d’Amnesty Luxembourg.

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