En cinq ansLe Luxembourg a perdu des boulangeries et 14% des salariés du secteur

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La chute est loin d'être aussi spectaculaire qu'en France, mais le nombre de boulangeries, et surtout de salariés qui y travaillent, a baissé au Luxembourg au cours des cinq années écoulées, révèle Lex Delles, ministre des PME.
© HARALD TITTEL/dpa Picture-Alliance via AFP

Le nombre de boulangeries en France a chuté de façon spectaculaire en 2024. Environ 1.200 boulangeries ont fermé leurs portes cette année-là, selon la presse”, explique le député André Bauler (DP) en préambule de sa question parlementaire.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation France: “La hausse des coûts énergétiques pénalise les petites boulangeries, le manque de relève lors des départs à la retraite des boulangers plus âgés et la baisse générale de la consommation de baguettes. Par ailleurs, les rayons pains des grandes surfaces proposent des produits moins chers, ce qui accentue la pression sur les petites boulangeries”, résume le député avant de s’enquérir auprès du ministre de l’Économie et des PME, de l’évolution de la situation au Luxembourg.

Près de 14% de salariés en moins en une poignée d’années

Depuis 2020, le nombre de salariés travaillant dans le secteur de la boulangerie “a diminué de 13,8 %. En 2020, ce secteur employait 3.426 personnes, contre 2.950 en 2025”, répond Lex Delles en se référant au chiffres de la Chambre de commerce.

Le nombre d’entreprises dont l’activité principale est la boulangerie a aussi diminué au Luxembourg ces cinq dernières années, passant de “91 entreprises en 2020” à “86 en 2025”, “soit une baisse de 5,4 %”, reconnaît le ministre qui relativise la situation en parlant d’une évolution “relativement stable” depuis 2020.

© GAIZKA IROZ/AFP

Ces cinq dernières années, une baisse nette est constatée concernant le nombre d’autorisations d’exploitation pour les boulangeries. En cause: la réforme de la loi sur le droit d’établissement qui est entrée en vigueur en 2023 et qui a eu un impact sur les statistiques.

Quand en 2020, on recensait encore “310 autorisations d’exploitation dans ce secteur”, il en restait “seulement 214 en 2026”, pose le ministre dans sa réponse. La réforme législative joue un rôle important puisque les points de vente et les sites d’exploitation des boulangeries “ne nécessitent plus tous une autorisation d’exploitation; une simple déclaration suffit”. Précisons que le nombre d’autorisations d’exploitation ne correspond pas au nombre d’entreprises. Une même entreprise peut en effet détenir plusieurs
autorisations d’exploitation.

Y a-t-il une concentration oligopolistique dans ce secteur ?

Le ministre esquive toutefois la question épineuse du député qui demande si, à son avis, on peut parler de “concentration oligopolistique dans le secteur de la boulangerie au Luxembourg ?” Lex Delles est formel: “L’évaluation de la structure du marché et de son impact sur la concurrence ne relève pas de la compétence de l’État”.

Il précise que ce type d’analyse relève du ressort de l’autorité de la concurrence. Et souligne que cette dernière “peut décider, de sa propre initiative, de mener une enquête dans un secteur économique donné s’il existe des indices d’une possible restriction ou distorsion de la concurrence”.

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