
La ministre des Finances, Yuriko Backes, a présenté mercredi à la Chambre des députés, sa déclaration sur le budget de l'Etat pour 2023. Cette présentation a ensuite été débattue par les députés.
En tant que parti populaire d'un centre élargi, le CSV tiendrait à la cohésion sociale dans le pays. C'est pourquoi il aurait soutenu les deux accords tripartites signés cette année. Pour le reste, le député d'opposition s'est montré peu convaincu par la politique budgétaire du gouvernement. Le Luxembourg aurait besoin de finances publiques stables, mais avec la politique actuelle, la dette publique atteindra en 2026 27 milliards d'euros soit 29,5% du PIB. Ce qui serait dangereusement proche des 30%.
"Le gouvernement met officiellement l'accent sur une limite d'endettement en se référant au triple A et à l'importance d'une trajectoire des finances publiques. Mais aucune trajectoire n'est visible. Et il n'y a pas d'entente sur le plafond des 30%. Pour le CSV, c'est clair: nous ne sommes pas des fétichistes du pourcentage. Mais nous tenons au triple A et si cela doit inclure les 30%, oui, alors nous devons également trouver le moyen d'y parvenir."
La stabilité des finances publiques ne devrait cependant pas être assurée par une imposition plus élevée. Pendant les années fastes de 2018, 2019 et 2020, la majorité aurait manqué l'occasion de redistribuer aux ménages une partie des recettes publiques élevées sous forme de baisses d'impôts. Mais les citoyens ne seraient pas la vache à lait de l'Etat. c'est pour cette raison que le CSV serait favorable à une réforme fiscale, avec, entre autres, un ajustement du barème fiscal à l'inflation.
"Pourquoi un ajustement à l'inflation du barème fiscal? Fin 2023, il y aura probablement huit, oui je le répète, en tout huit tranches indiciaires sans contrepartie fiscale. Du jamais vu! C'est inacceptable pour le CSV! Prétendre aux gens qu'une adaptation à l'inflation ne serait pas sélective, pas ciblée, c'est tout simplement faux."
A l'avenir, l'Etat devrait instaurer des priorités dans ses dépenses, par exemple, dans les secteurs de la mobilité, du logement et de la santé.
Pour le président du groupe parlementaire socialiste, Yves Cruchten, il s'agit d'un budget dans la continuité, mais aussi avec de nouveaux accents à cause des multiples crises.
Le LSAP approuve le niveau élevé des investissements. Avec 3,8 milliards d'euros, ils représenteront 4,6% du PIB.
Il y a bien une certaine entente au sein du gouvernement en ce qui concerne la dette publique. L'an prochain, elle va passer de 19,2 à 21,8 milliards d'euros. En 2026, elle devrait même dépasser les 29%. Le plafond des 30% du PIB se rapproche. Et le DP notamment ne veut pas le dépasser. Ce ne serait pas quelque-chose qui inquièterait le LSAP, a déclaré Yves Cruchten.
Les socialistes seraient aussi d'avis qu'il faut tenter de rester sous cette limite. Pour eux, il s'agirait toutefois d'un plafond artificiel et non d'un obstacle qui ne pourrait être surmonté si de nouvelles interventions de l'État étaient nécessaires. Yves Cruchten a souligné que son parti est favorable à un modèle économique durable et à une santé publique dans laquelle chacun est traité sur un pied d'égalité, quels que soient ses revenus.
Le groupe parlementaire des Gréng votera jeudi le projet de loi sur le budget 2023, a dit mercredi la chef du groupe, Josée Lorsché, dans le cadre des débats sur le budget. On se rendrait cependant compte que les incertitudes se manifestent dans l'économie et sur le plan social et donc aussi dans le budget de l'Etat.
La crise climatique et les catastrophes qu'elle entraîne, deviennent de plus en plus chères, c'est pourquoi les Verts saluent les mesures pour accélérer la transition énergétique, telles que la réduction de la TVA sur les panneaux solaires ou la hausse des primes pour l'assainissement énergétique.
L'électromobilité serait à juste titre l'avenir, selon Josée Lorsché, dès lors, les recettes publiques perçues via le tourisme à la pompe ne seraient pas durables et tôt ou tard il faudra chercher des recettes alternatives. Cela vaut aussi pour les recettes obtenues via les taxes sur le tabac, selon la présidente du groupe parlementaire des Verts.
Elle a en outre salué le fait que dans sa déclaration, la ministre des Finances, Yuriko Backes, a laissé la porte ouverte à des allègements fiscaux au printemps, à la condition qu'il y ait de la marge dans les caisses de l'Etat.
Dans ce contexte, Josée Lorsché a demandé le passage à une imposition individuelle. D'un point de vue fiscal, le fait qu'une personne soit célibataire, parent isolé, mariée ou pacsée, ne jouerait plus aucun rôle. Il s'agirait davantage d'un changement sociétal que d'un changement social, pense la députée. Le passage à une autre classe d'imposition ne réduirait pas considérablement le risque de pauvreté pour les personnes à très faibles revenus. Les personnes à hauts revenus en profiteraient même davantage.