Le Luxembourg confirmeLe risque d'une propagation mondiale d'hantavirus est "absolument faible", assure l'OMS

RTL Infos avec AFP
"Ce n'est pas un nouveau Covid" a déclaré un porte-parole de l'OMS au sujet de l'hantavirus, "un virus dangereux, mais uniquement pour la personne réellement infectée". "Nous sommes au début de l'épidémie" explique de son côté un spécialiste luxembourgeois. Ce virus a fait des ravages dans un paquebot qui doit être évacué dans les prochains jours.
Le siège de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève, le 23 avril 2025
Le siège de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève, le 23 avril 2025
© AFP/Archives

Le dernier bilan de l'OMS vendredi recense au total six cas confirmés parmi huit cas suspects, comprenant un couple de passagers néerlandais et une Allemande décédés, de ce virus connu mais rare, pour lequel il n'y a ni vaccin ni traitement.

Trois personnes ont été débarquées au Cap-Vert mercredi. 

Le directeur de l'OMS accompagnera les ministres espagnols de la Santé et de l'Intérieur sur l'île de Tenerife "afin d'assurer la coordination entre les administrations, le contrôle sanitaire et la mise en œuvre des protocoles de surveillance et d'intervention prévus", ont précisé ces sources.

Mais le risque d'une propagation d'hantavirus pour la population mondiale est "absolument faible", a tenu à rassurer vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "Il s'agit d'un virus dangereux, mais uniquement pour la personne réellement infectée. Le risque pour la population en général reste quant à lui extrêmement faible", a déclaré à Genève un porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier.

Planche descriptive du mode de transmission et des symptômes des hantavirus
Planche descriptive du mode de transmission et des symptômes des hantavirus
© AFP

"Pas un nouveau Covid"

Il a souligné que, dans certains cas, le voisin de cabine d'une personne contaminée ne l'a pas été. "Ce n'est pas du tout comme la rougeole, par exemple: si vous êtes ici dans la salle de presse et que quelqu'un à l'avant tousse, les premiers rangs ne seraient pas en danger. Un contact étroit signifie qu'il faut pratiquement être nez à nez (...) Ce n'est pas un nouveau Covid", a-t-il insisté.

Le MV Hondius, du croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions, est parti le 1er avril d'Ushuaïa, en Argentine. "La possibilité de contagion à Ushuaïa est pratiquement nulle", a affirmé vendredi Juan Petrina, un responsable sanitaire de la province de la Terre de feu, lors d'une conférence de presse. 

Le bateau navigue actuellement vers Tenerife, aux Canaries, où il est attendu dimanche. 

"Nous sommes au début de l'épidémie" explique un spécialiste luxembourgeois

L'Inspection sanitaire luxembourgeoise suit de très près ces récents développements et se montre rassurante. "Nous sommes bien sûr au début de l'épidémie. Compte tenu de la longue période d'incubation, nous devons attendre de voir si un ou deux cas apparaissent chez les personnes ayant été en contact avec le virus. Mais pour le moment, nous supposons qu'il s'agit d'un foyer épidémique localisé sur un navire" explique l'épidémiologiste Joël Mossong à RTL.

L'épidémiologiste souligne par ailleurs que le variant andin et la Covid-19 n'ont que peu de points communs. Leur fonctionnement et leurs mécanismes d'attaque du corps humain diffèrent. Le taux de mortalité du variant andin est en réalité assez élevé, à 30 % (contre 1 à 2 % pour la Covid-19 avant vaccination). Cependant, la concentration du virus andin lorsqu'une personne tousse ou éternue est bien plus faible. La transmission du virus s'en trouve donc considérablement ralentie. La science a déjà constaté ce phénomène, comme l'a démontré une épidémie locale survenue en Argentine il y a quelques années : "Des infections ont été observées entre personnes ayant eu des contacts très étroits. Des personnes qui vivaient ensemble, mangeaient ensemble et avaient des contacts prolongés. On ignore pour l'instant si une infection peut se transmettre par un contact très bref", explique Joël Mossong.

C'est pourquoi, au Luxembourg comme ailleurs, aucune consigne particulière n'est donnée pour l'instant "Même en ce qui concerne les déplacements, aucune mesure n'a été prévue" confirme l'épidémiologiste.

Pourquoi certains bateaux sont difficiles à suivre ?
Pourquoi certains bateaux sont difficiles à suivre ?
© AFP

Débarquement dans les prochaines heures

Le débarquement des passagers devra avoir lieu entre dimanche midi et lundi, "seule fenêtre" possible en raison de la météo, a souligné un responsable du gouvernement régional des Canaries.

Le navire fait l'objet d'une alerte sanitaire internationale depuis le week-end dernier, lorsque l'OMS a été informée de la mort de trois passagers dont la cause suspectée était l'hantavirus. 

Ce virus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l'intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive. Mais des experts ont confirmé que la variante du virus détectée à bord du Hondius, l'hantavirus Andes, était une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme.

Il n'y avait plus jeudi aucun cas suspect à bord parmi les 147 passagers, selon les données actualisées de l'OMS, mais le délai d'incubation, qui peut aller jusqu'à six semaines, incite à la prudence.

Deux résidents de Singapour qui se trouvaient à bord du navire et ont pris le même vol Sainte-Hélène-Johannesbourg qu'une personne ensuite décédée de l'hantavirus ont été testés négatifs, a annoncé vendredi l'agence des maladies infectieuses de la cité-Etat. Il sont maintenus en quarantaine par précaution.

"Risque minime"

Les autorités sanitaires de plusieurs pays s'efforcent de retrouver les cas contacts pour les isoler et procéder à des tests.

L'OMS a annoncé qu'une hôtesse de l'air de la compagnie néerlandaise KLM, qui avait été en contact avec la passagère néerlandaise ayant brièvement embarqué sur un vol Johannesburg-Amsterdam avant de décéder de l'infection à l'hantavirus, avait été testée négative.

Mais un peu plus tard, les autorités espagnoles ont annoncé qu'une femme ayant emprunté le même vol présentait des symptômes compatibles avec une infection à l'hantavirus et avait été hospitalisée dans la région de Valence (sud-est).

En Grande-Bretagne, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (UKHSA) a annoncé qu'un ressortissant britannique avait été classé parmi les cas suspects d'hantavirus liés au foyer détecté sur le MV Hondius. Selon elle, il se trouve à Tristan da Cunha, une île britannique isolée de l'Atlantique Sud, où le MV Hondius a fait escale fin avril.

Ce cas suspect s'ajoute à deux cas confirmés concernant des citoyens britanniques, a précisé l'agence. L'un est hospitalisé en Afrique du Sud et l'autre aux Pays-Bas.

Concernant les habitants de l'île britannique de Saint-Hélène, où 29 passagers du bateau avaient débarqué lors d'une escale le 24 avril, M. Lindmeier a estimé que "le risque est minime". 

Des personnes redoutant d'avoir contracté le virus, ou dont l'infection est avérée, sont soignées ou ont été priées de se confiner dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse et l'Afrique du Sud.

Les Etats-Unis ont annoncé vendredi préparer une évacuation par avion des passagers américains du navire de croisière

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