Inquiétante pénurie de médicamentsLe LCGB s'en prend au gouvernement et à la Belgique

Thomas Toussaint
Dans un communiqué envoyé tôt ce lundi, le syndicat LCGB s'est insurgé des pénuries de médicaments qui frappent les patients du Luxembourg.
© Tbel Abuseridze / Unsplash

Des plus innovants aux plus courants, la pénurie de médicaments n'épargne personne. Plus qu'au Luxembourg, certains produits sont en rupture de stock partout en Europe. Un problème que le LCGB dénonce dans un communiqué de presse.

Le syndicat fait part "des retours inquiétants de la part des assurés, qui peinent à se procurer de médicaments couramment utilisés tels que les sirops contre la toux". Des difficultés d'approvisionnement sont également détectées sur des "médicaments prescrits pour le traitement de pathologies chroniques telles que le diabète ou la sclérose en plaques".

Selon le syndicat, il semble "fort probable que ces ruptures de stock s’étendent au moins jusqu’à fin mars 2023".

UN "EMBARGO" DÉCIDÉ PAR LA BELGIQUE?

Le problème est justement évoqué depuis de longues semaines au Luxembourg. Toute l'Europe affronte une "disponibilité limitée en antibiotiques" expliquait Paulette Lenert courant janvier. Or, "le Luxembourg dépend de ses pays voisins et plus particulièrement de la Belgique en matière d’approvisionnement en médicaments."

Ce point est particulièrement problématique. Le LCGB affirme avoir appris que la Belgique a décrété "une sorte d'embargo (...) sur l'exportation de médicaments qui présentent de manière récurrente des difficultés de livraison".

Selon le syndicat, le gouvernement luxembourgeois semble vouloir "appliquer une politique d’autruche au lieu d’aborder ce dossier de manière proactive et de s’engager pour une solution rapide". Et complète encore: "Les problèmes sont soit minimisés ou niés en se cachant de manière générale sur une perturbation des chaînes d’approvisionnement au niveau mondial. Pourtant, les échos du terrain vont clairement dans une autre direction que celle avancée par les ministres compétents."

L'Innovative Medicines for Luxembourg, le regroupement de l'industrie pharmaceutique innovante active au Grand-Duché, explique toutefois qu'il s'agit d'une "demande d'autorisation" rendue nécessaire par un arrêté royal. Mais "pas d'une interdiction"."Pour que des médicaments rentrent dans ce processus, ils doivent être en manque pour une durée supérieure à un mois, être critiques pour la santé, et sans alternative thérapeutique en Belgique." Ce lundi, six médicaments seulement étaient concernés. Mais peuvent être importés depuis les autres pays voisins.

En décembre, la vice-présidente du Syndicat des pharmaciens luxembourgeois s'était justement prononcée sur la question. Elle évoquait, entre autres, une hausse de la demande (à cause de l'hiver), une baisse de la production dans les laboratoires et, plus globalement, une délocalisation des laboratoires hors d'Europe.

Le syndicat attend une clarification "en toute transparence, et ce, dans les plus brefs délais". En janvier, la ministre de la Santé avait assuré que les patients étaient toutefois bien pris en charge: "en général, des alternatives sont disponibles".

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