
Le Luxembourg est reparti de la cérémonie 2026 du Guide Michelin avec une seule nouvelle étoile, attribuée au Lys, à la Villa Pétrusse. Une distinction attendue pour le chef Kim de Dood, qui confirme en moins d’un an le positionnement ambitieux de l'établissement.
Le guide salue une cuisine à “l’approche asiatique tout en restant ancrée dans le terroir”, validant un projet construit rapidement, avec une équipe entièrement renouvelée.
Avec une seule nouvelle étoile, le cru 2026 tranche avec une année 2025 plus généreuse, marquée notamment par une deuxième étoile pour Louis Linster, ainsi que par des nouvelles distinctions pour Clovis Degrave (Grünewald Chef's Table) et Archibald De Prince (Archibald De Prince - Tables et chambres). René Mathieu, lui, avait en quelque sorte "récupéré" ses étoiles (étoile Michelin et étoile verte), qu'il avait "perdues" quelques mois plus tôt en passant de La Distillerie au Fields.
Cette fois, le paysage est resté bien plus stable. Un constat partagé sur place. "Il y a eu moins de récompenses cette année, mais aussi moins d’ouvertures au pays", analyse Clovis Degrave. "Il n’y avait pas beaucoup de rumeurs. Kim était le seul que je voyais obtenir une étoile" nous a confié Louis Linster.
Parmi les noms qui circulaient figurait aussi Milan Brée, à la tête de La Cristallerie depuis un an.
Invité à la cérémonie après l’entrée récente de son restaurant dans le guide, il rêvait lui aussi d'une première étoile. Elle ne viendra malheureusement pas cette année. "Je suis un peu déçu...", a t-il confié sur place. "Mais ça ne fait qu'un an qu’on a rouvert La Cristallerie." Avant de se projeter : "On va mettre en place des nouveautés, ouvrir un rooftop. On grandit aussi. Même si on n’a pas eu d’étoile cette année, ça va continuer à nous donner envie de travailler."
L'ancien sous-chef à La Villa de Camille & Julien et aux Jardins d'Anaïs (alors étoilé) a quitté les lieux bien vite après la fin de la cérémonie.
Dans la salle de la Nouvelle Bourse d’Anvers, tous les chefs étoilés du Luxembourg n’avaient pas fait le déplacement.
Mais un groupe d’habitués était bien présent, à commencer par Cyril Molard (Ma Langue Sourit), René Mathieu (Fields), Clovis Degrave ou encore Louis Linster, accompagné de sa compagne et responsable de salle, Njomza Musli.
À l’inverse, plusieurs établissements étoilés avaient fait l’impasse, comme Archibald De Prince — représenté par son second Lucas Andrieux — mais aussi Fani, Ryôdô, Apdikt, La Villa de Camille et Julien, Guillou Campagne ou Mosconi.
Si décrocher une étoile occupe bien des esprits, la conserver reste également un défi quotidien. "On est soulagés d’avoir gardé notre deuxième étoile", confie par exemple Louis Linster. "L’an dernier, on était très stressés, on n’avait pas vraiment profité. Cette année, on essaie de se rattraper."
Mais le soulagement ne dure qu’un temps : "C’est vraiment un job d’endurance. On a plus de clients qu’avant, le rythme est très intense."
Même logique pour son ami Clovis Degrave : "Quand on a une étoile, on vit avec. Quand on ne l’a pas, on se pose des questions tous les jours."
Le chef de la Grünewald Chef's Table affirme ne plus se fixer d'objectifs précis par rapport au guide rouge. "L’objectif, c’est d'aller toujours plus loin dans notre travail quotidien."
Au final, cette édition 2026 confirme un paysage gastronomique luxembourgeois plus stable, avec peu de mouvements.
Le Luxembourg compte désormais 12 restaurants étoilés, dont deux doublement étoilés : Ma Langue Sourit et Louis Linster.
Cette relative discrétion a néanmoins laissé certains observateurs sur leur faim dans les travées de la Nouvelle Bourse d’Anvers.
À côté des tables étoilées, quelques restaurants référencés au guide continuent sans doute d'espérer une première distinction. On pense notamment au chef belge Baptiste Heugens, à la tête du restaurant Equilibrium, à Clausen, qui suit ces annonces à distance sans encore y figurer au palmarès.