Guide Michelin 2026Le Lys et La Cristallerie : une étoile Michelin pour le Luxembourg lundi ?

Raphaël Ferber
À la veille de la Cérémonie du guide Michelin Belgique et Luxembourg 2026, organisée lundi à 11h à Anvers, deux chefs luxembourgeois s’apprêtent à jouer gros. Entrés cette année dans le guide, Kim de Dood et Milan Brée oscillent entre espoir assumé et prudence… dans un contexte où tout peut aussi basculer.
Kim de Dood (Le Lys, Villa Pétrusse) et Milan Brée (La Cristallerie, Hôtel Le Place d'Armes) ont attiré le regard du guide Michelin. Au point de décrocher une étoile en 2026 ?
© Raphaël Ferber / RTL Infos / La Cristallerie / Villa Pétrusse

Ils feront partie des chefs à scruter la scène, ce lundi matin à Anvers, lors de la Cérémonie du guide Michelin Belgique et Luxembourg 2026. Pour Milan Brée comme pour Kim de Dood, cette édition 2026 marque déjà une première étape : La Cristallerie et Le Lys, les restaurants gastronomiques de l'hôtel Le Place D'Armes et de la Villa Pétrusse, à Luxembourg, ont récemment intégré la sélection officielle. Une reconnaissance importante, mais qui ouvre surtout la porte à toutes les projections.

Car au Michelin, rien n’est jamais acquis. Si certains espèrent décrocher une première étoile, d’autres peuvent aussi trembler à l’idée d’en perdre une — une réalité bien connue du milieu, même si personne ne souhaite voir un chef rétrogradé comme ce fut le cas en 2022 avec le déclassement du Clairefontaine, des Jardins d'Anaïs et justement... de La Cristallerie.

Kim de Dood : "je vais à Anvers en espérant obtenir quelque chose"

Du côté du Lys et de son chef, l’objectif est clair et assumé. "J’avoue que je vais à Anvers en espérant obtenir quelque chose", confie Kim de Dood. "Quand on est invité, on se dit toujours : “Waw, je vais peut-être être récompensé !”"

Le chef ne s’en cache pas : il vise l’étoile depuis l’ouverture de son établissement à l’été 2025. "Honnêtement, oui, je pense qu’on la mérite", nous répond t-il, s’appuyant sur les retours de ses clients et la comparaison avec certaines tables déjà distinguées.

Au-delà de la reconnaissance personnelle, l’enjeu est aussi stratégique. "Une étoile serait très importante pour l’établissement, au niveau du marketing, de la considération des clients. C’est une récompense internationale qui compte énormément." Avant de glisser, avec un peu de malice : "C’est bien d’avoir 4.9 sur Tripadvisor, mais une étoile, ça donne une toute autre dimension à un restaurant."

Mais cette ambition s’accompagne d’une pression bien réelle. "Je me suis mis cette pression dès le début, mais il y a aussi les équipes et la direction. Tout le monde est là pour emmener le restaurant vers les étoiles."

Conscient des codes du Michelin sans en maîtriser tous les ressorts, il mise sur un critère clé : la régularité. "La différence, c’est la constance. Quand tout est du même niveau et qu’on retrouve cette qualité à chaque visite, ça fait la différence."

Et si la récompense n’arrive pas ? "J’avoue que j’aurais du mal à encaisser le coup dans un premier temps… Mais dans tous les cas, il faudra repartir au jour 1 et faire mieux l’année prochaine."

Milan Brée : "Avant, je regardais la cérémonie sur Youtube"

À La Cristallerie, le ton est plus mesuré, sans être dénué d’ambition. Pour Milan Brée, l’invitation à la cérémonie constitue déjà une forme de consécration.

"Je suis super content d’être invité, c’est la première fois en tant que chef. Avant, c’était mes chefs qui y allaient et moi je restais en cuisine avec l’équipe, on regardait ça sur YouTube ! Maintenant, c’est moi qui y vais. Rien que pour ça, je suis super content."

Un parcours qui dit beaucoup de sa trajectoire récente. Il y a un an, La Cristallerie repartait de zéro et n’apparaissait plus dans le guide. Aujourd’hui, elle y figure à nouveau. "On a toujours été assez clairs sur ce qu’on voulait : au moins, que le Michelin nous voie."

L’étoile ? "Ce serait exceptionnel", reconnaît-il. "Ce serait un aboutissement pour moi et mon équipe." Mais le chef refuse de se projeter trop loin. "Si ma cuisine est étoilable ? J’en sais rien. Moi, c’est la cuisine que j’aime faire. Les retours clients sont très bons, mais ce qui se passe dans la tête des inspecteurs, je ne peux pas le dire."

Sa philosophie tient en quelques mots : le produit et la technique. "On n’est pas obligé de proposer que des produits nobles. On peut faire une entrée incroyable avec du céleri. C’est là qu’on fait la différence."

L’histoire récente du Luxembourg montre toutefois que tout peut aller très vite. L’an dernier, Archibald De Prince avait décroché une étoile quelques mois seulement après l’ouverture de son établissement, situé à Echternach. Un précédent qui nourrit forcément les espoirs… sans créer d’attentes démesurées.

Et en cas de déception lundi ? "Je continuerai de faire ce que je fais depuis un an, en essayant de faire mieux. L’invitation, c’est déjà beaucoup. J’ai 33 ans, c’est ma première place de chef. On est ouverts depuis un an : c’est déjà bien."

Entre l’impatience assumée de l’un et la prudence de l’autre, les deux chefs du Luxembourg abordent cette cérémonie avec des états d’esprit légèrement contrastés. Mais tous deux partagent une même réalité : celle d’être entrés dans le radar du Guide Michelin.

Lundi, vers 12h30, à la Nouvelle Bourse d’Anvers, il ne sera plus question de projections, mais de verdict. Au Luxembourg, certains espèrent une première consécration, d’autres redoutent de mauvaises surprises. Pour Le Lys et La Cristallerie, l’attente touche à sa fin.

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