
Mis en cause par le livre-enquête "Les Fossoyeurs" du journaliste indépendant Victor Castanet, Orpea est accusé de maltraitance sévère dans ses établissements pour personnes âgées en France. Comme le groupe privé veut s'implanter au Luxembourg, le principal parti d'opposition, le CSV a demandé vendredi que la ministre de la Famille Corinne Cahen vienne donner des précisions au plus vite devant la Commission de la Famille et de l'Intégration.
Le groupe Orpea doit ouvrir une structure à Merl dès le mois de mars. "Une deuxième résidence serait d’ores et déjà annoncée à Strassen", avait révélé le CSV qui cherche à connaître les précautions prises par le gouvernement luxembourgeois avant qu'il ne délivre un agrément pour l'ouverture d'une structure.
Corinne Cahen a souligné devant les députés de la commission parlementaire que des conditions telles qu'elles existent en France dans une maison de retraite et de soins ne sont pas concevables au Luxembourg. "Nous avons une législation plus stricte au Luxembourg", a déclaré la ministre de la Famille.
Un projet de loi portant sur la qualité des services pour personnes âgées encore plus stricte est en cours, le Conseil d'État planche actuellement dessus. Une modification vise par exemple une meilleure transparence en ce qui concerne le prix des services proposés.
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Une demande pour un agrément a bien été introduite en janvier par le groupe Orpea. Mais s'il obtient l'agrément, il devra respecter des exigences strictes, a précisé la ministre. Certaines conditions devant être remplies au niveau de l'honorabilité ou de la qualification du responsable et suffisamment de personnel doit être embauché.
Jusqu'ici seul un accord de principe avait été donné à Orpea en 2020 . "À ce moment-là, seuls les plans ont été regardés pour voir si les pièces étaient suffisamment grandes", a expliqué Corinne Cahen.
On ne peut pas simplement refuser à Orpea l'accord pour s'implanter au Luxembourg à cause des affaires en France, a souligné Marc Spautz, dépuité CSV. À son avis, il préférable que la société l'obtienne, car l'État pourra alors mieux le contrôler. Si Orpea n'obtenait pas d'accord, le groupe pourrait tout de même construire des logements pour personnes âgées, mais sans le même contrôle externe strict. La décision dépendra en fin de compte de la capacité ou non d'Orpéa à remplir les conditions.
La motivation pour obtenir une convention Orpéa auprès du Ministère de la Famille doit être d'ordre financier. Les maisons de retraite et les maisons de repos sont principalement financées de deux manières. Le ministre a déclaré que le prix des pensions et de l'assurance dépendance, qui représenteraient une grande partie du budget des maisons, devrait être réduit.
Dimanche Orpea a limogé son directeur général Yves Le Masne et l'a remplacé par Philippe Charrier, promu de président du conseil d'administration (non-exécutif) à PDG.
Ce lundi, une avocate a fait savoir qu'elle rassemblait différentes plaintes de familles pour lancer une "action collective conjointe" d'ici à quelques semaines contre le géant des maisons de retraite Orpea, confirmant une information du journal Le Parisien.
Me Sarah Saldmann indique avoir été contactée par plusieurs familles qui entendent porter plainte contre Orpea pour, selon les dossiers, "homicide involontaire, mise en danger délibérée de la vie d'autrui, violence par négligence, non-assistance à personne en danger".