
Ce n’est certes pas la première année que les sangliers sont trop nombreux dans la région de la Moselle luxembourgeoise. Mais pour le bourgmestre de Schengen, il est clair qu’ils ne peuvent pas tous rester. La commune a contacté les administrations compétentes ainsi que le ministère de l’Environnement, et le bourgmestre insiste sur la nécessité d’agir dans l’intérêt des habitants de Schengen, car “l’équilibre biologique n’existe plus”.
Selon Michel Gloden, les sangliers causent de très nombreux dégâts et, contrairement aux habitants, ils n’ont pas peur : ils s’approchent de plus en plus des zones habitées. “On le constate aussi en discutant avec les citoyens. De très nombreuses personnes nous ont contactés pour nous signaler que les sangliers s’aventurent jusque dans les quartiers résidentiels”, explique-t-il.
Mais ce n’est pas tout. Il est également rapporté que des enfants croisent des sangliers sur le chemin de l’école, que des accidents de la route se produisent et que les animaux affectionnent particulièrement les étangs Baggerweieren. Ramon Hemmer, de l’ASBL Erliefnis Baggerweier, précise : “Cela signifie que les sangliers ont quasiment tout retourné autour de la zone. Ils ont endommagé les clôtures pour pénétrer sur le site. Le préjudice est extrêmement important, notamment en ce qui concerne la remise en état des clôtures.”
Les sangliers s’ébattent également dans les vignobles et ne se laissent pas dissuader par les clôtures électriques, explique le vigneron et chasseur Serge Klinker :
“Ce que l’on voit ici n’est qu’un petit avant-goût. Dans certains vignobles, la situation est bien pire. C’est dangereux pour les tracteurs : certains se sont déjà renversés. Les machines sont endommagées, on remet tout en état un jour et, deux jours plus tard, tout est à nouveau ravagé.”
Les sangliers ne sont pas idiots non plus. Ils savent, par exemple, que les bons raisins se trouvent en hauteur et montent avec leurs pattes sur les fils pour les atteindre. Ce qui peut prêter à sourire est en réalité un problème très sérieux pour les viticulteurs, car sans raisins, pas de revenus. Si une indemnisation peut être demandée pour les raisins perdus, ce n’est en revanche pas le cas pour les sols retournés.
La réserve naturelle constitue par ailleurs une maternité idéale pour les sangliers : dépourvus de prédateurs naturels et ne pouvant pas être chassés, ils peuvent s’y reproduire tranquillement, jusqu’à deux fois par an.
L’interdiction de chasser les sangliers actifs pendant la nuit pourrait être levée à partir de l’an prochain. La commune de Schengen a par ailleurs demandé l’organisation d’une battue. Toutefois cette option ne convient pas vraiment dans la réserve naturelle du Haff Réimech, selon l’Administration de la nature, en raison de la présence importante d’eau et de roseaux aux alentours. Une battue n’y est donc pas envisageable, car elle risquerait d’endommager l’habitat d’autres espèces animales et végétales.
Il ne s’agit pas d’un quelconque plaisir de tirer sur les sangliers, souligne le bourgmestre Michel Gloden. Mais pour la commune, il s’agit d’un problème bien réel qu’il faut résoudre afin d’éviter que les sangliers ne continuent à proliférer.