Peines alourdies, expulsions, bodycamsLe CSV réclame une loi pour manifester au Luxembourg

Maurice Fick
Des sanctions plus lourdes, davantage de moyens pour les policiers et... une compensation pour les commerçants. Le plus grand parti d'opposition monte au créneau pour que les "règles du jeu soient claires" à l'avenir pour les manifestations au Luxembourg.
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Les manifestations anti-restrictions sanitairesétaient plus pacifiques ce samedi et sont restées cantonnées entre le Glacis et le Kirchberg. Contrairement au samedi 15 janvier -jour de l'entrée en vigueur du CovidCheck obligatoire au travail- qui a été marqué par des échauffourées entre manifestants et policiers dans le quartier de la gare à Luxembourg et une trentaine d'arrestations. Une ritournelle qui se répète depuis le dérapage de début décembre, inquiète nombre de résidents, pénalise des commerçants et interroge les responsables de la sécurité sur le "tourisme de manifestations".

Le Luxembourg n'est pas habitué à ces images de heurts et de déchaînements de violence sur la place publique, les manifestations s'étant, avant l'ère Covid, quasi toujours déroulées pacifiquement. Si bien qu'il se trouve aujourd'hui démuni face aux débordements et ses policiers limités dans l'action répressive. "Nous sommes pratiquement le seul pays qui ne dispose pas de loi sur les manifestations", a reconnu ce lundi Laurent Mosar, député et échevin CSV à la Ville de Luxembourg, dont la bourgmestre ne peut, en réalité, refuser la tenue d'une manifestation, a-t-il rappelé.

Une loi pour manifester "n'est pas en contradiction avec la liberté d'expression. Au contraire, elle renforce le droit de dire son opinion", veut persuader le député Léon Gloden, avançant que "beaucoup ne veulent plus y aller à cause de la violence et des casseurs importés de l'étranger, comme hier à Bruxelles".

© Diana Hoffmann / RTL

Le CSV est pour "créer un cadre clair, pour que chacun connaisse les règles du jeu: que les policiers aient une sécurité juridique et que les gens allant protester, connaissent les règles du jeu", résume Léon Gloden. Le principal parti d'opposition juge "inacceptable" que des manifestants "abusent du droit de manifester et sèment le chaos en Ville", que "des adultes instrumentalisent des enfants là où des violences peuvent avoir lieu" ou que les policiers servent de "paratonnerre de la frustration", selon Laurent Mosar.

"En France, si vous ne vous tenez pas à la loi et si vous organisez quand même une manifestation, vous payez 7.500€! Chez nous c'est 250€ au maximum: les amendes devront être plus dissuasives", martèle Laurent Mosar. Le CSV veut que les organisateurs de manifestations illégales et ceux qui "tirent les ficelles en coulisses" -entendez sur les réseaux sociaux- ne s'en sortent pas impunis.

CRACHATS, RÉBELLION, EXPULSION

Le CSV s'est dit favorable aux modifications du Code pénal annoncées la semaine passée par Sam Tanson, ministre de la Justice en commission de la Justice. Le parti est pour un alourdissement des peines en cas de rébellion: "Il faut l'augmenter à cinq ans de prison en cas de rébellion avec une arme", estime Léon Gloden, expliquant qu'elle est  actuellement de "deux à trois mois".

Autre "limite rouge absolue" aux yeux du CSV: le fait de cracher sur des policiers: "Ça doit être sanctionné!", clame Léon Gloden. Le CSV salue l'idée de permettre aux policiers de mener une enquête sous pseudonyme pour infiltrer les réseaux sociaux et repérer les agitateurs.
Le CSV préconise de légaliser "l'expulsion générale" (et non pas "partielle", comme actuellement) pour déloger des personnes et pas juste les déplacer un peu plus loin. Il ne "comprend pas les réticences d'Henri Kox", ministre de la Sécurité intérieure, pour instaurer les bodycams puisqu' "elles protègent le policier et les manifestants, car il y a alors une preuve à l'appui", résume Léon Gloden. Des caméras de surveillance devraient "enfin être mises en place là où c'est posssible".

DÉDOMMAGER LES COMMERÇANTS

Premier échevin de Luxembourg-Ville, Serge Wilmes, explique qu'après plusieurs samedis difficiles, les commerçants de la capitale "souffrent particulièrement". Il préconise la mise en place d'un "fonds de compensation pour qu'ils puissent être dédommagés par l'État".

À l'image du fonds de compensation qui avait été mis en place pour venir en aide aux commerçants dont le chiffres d'affaires avaient été impactés par les travaux de construction du tram en ville.

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