
Les accusations contre le jeune artiste et étudiant de Strassen se suivent et ne se ressemblent pas sur les réseaux sociaux Twitter ou Instagram. La photographe Jingna Zhang, qui vit aux États-Unis, reproche à Jeff Dieschburg d'avoir copié certaines de ses photos sans la nommer. L'artiste s'est dite "scandalisée" sur Twitter: "un mec a carrément volé ma photo, gagné un prix de 1.500 euros lors d'une biennale soutenue par le gouvernement luxembourgeois et tenté de m'expliquer le non-respect des droits d'auteur. Où puis-je trouver quelqu'un qui parle le luxembourgeois pour m'aider? Incroyable".
Jingna Zhang aurait alors reçu un e-mail de la part de l'artiste luxembourgeois, qui lui explique qu'il se serait "inspiré de certaines décisions artistiques de la photographe". Mais elle réplique en expliquant sur Instagram qu'il a tout simplement reproduit manuellement une image avec d'autres couleurs avant de la retourner et d'ajouter des boucles d'oreille ainsi qu'une épée.
Dans une interview accordée à nos collègues de RTL Today, Jingna Zhang affirme être choquée et très frustrée par l'attitude de Jeff Dieschburg. En outre, elle explique que bon nombre de ses élèves s'inspirent de ses œuvres mais jamais une copie d'un travail artistique ne doit être exposée dans des lieux commerciaux ou être mise à la vente sans le nom de l'auteur original. L'image de l'artiste luxembourgeois a été mise en vente pour la somme de 6.500 euros.
D'autres propos du principal concerné se sont également retrouvés sur Twitter. Alors que l'artiste a été confronté au plagiat, il répond: "lors de l'entrée dans la vie publique, et avec la publication ou la distribution de photos, certains droits sont ainsi abandonnés automatiquement. À part cela, je me suis effectivement librement inspiré d'elle, mais ta critique pointe seulement la manière dont a été réalisée ma peinture à l'huile. Il s'agit de la mienne, donc un travail indépendant. Je n'ai pas représenté la dame du Japon (ou de n'importe d'où) mais plutôt une allégorie de la femme fatale européenne".
Jeff Dieschburg avait déjà évoqué ses recherches dans sa création dans une interview accordée à RTL il y a deux semaines, alors qu'il venait de remporter le Prix d'encouragement lors de la 11e Biennale d'Art contemporain de Strassen.
Le jury de la Biennale s'est également exprimé jeudi soir en affirmant vouloir vérifier ces accusations en faisant notamment appel à une experte artistique. Les organisateurs de la commune de Strassen ont simplement effacé le post sur Instagram annonçant la victoire de l'artiste pour le prix qui lui a été décerné.
Quant à l'artiste, il a fait appel à l'avocat Gaston Vogel afin de le défendre par la suite. Il s'est également complètement retiré des réseaux sociaux en effaçant chaque photo ou morceau de musique.
Au moins une autre artiste aurait pris la parole sur Twitter et Instagram depuis que cette affaire a éclaté au grand jour. Elle affirme également que Jeff Dieschburg aurait copié plusieurs de ses œuvres.
Il exposerait également en ce moment une autre image qui ressemble fortement à l’œuvre de Leonardo da Vinci "la belle ferronnière".


Il n'est pas simple de dire s'il s'agit d'un plagiat ou d'une véritable œuvre artistique à part entière. En général, un auteur garde les droits sur son œuvre et doit être consulté avant qu'un autre ne puisse le copier ou l'utiliser dans le cadre de la création d'une autre image. Il en est de même pour l'arrangement, la traduction ou la manipulation d'une œuvre, l'auteur original doit d'abord donner son autorisation, comme le prévoit l'article 3 de la loi luxembourgeoise du 18 avril 2001:
1. L'auteur jouit du droit exclusif d'autoriser la reproduction de son œuvre, de quelque manière et sous quelque forme que ce soit.
2. Le droit de reproduction comporte pour l'auteur le droit exclusif d'autoriser l'adaptation, l'arrangement ou la traduction de son œuvre.
3. Le droit de reproduction comprend le droit exclusif pour l'auteur d'autoriser l'intégration et l'extraction de son œuvre dans ou à partir d'une base de données.
4. L'auteur d'une œuvre jouit du droit exclusif d'autoriser la location et le prêt de l'original et des copies de son œuvre.