
L’invité de la rédaction a pointé du doigt la méthode utilisée lors des négociations et des échanges entre patronat, gouvernement et syndicats: “la méthode prévue par la directive européenne est bien le dialogue social. C’est fondamental. Est-ce que cela a été fait ici ? Je pense que ces dernières semaines et ces derniers mois ont bien démontré le contraire”, a déploré l’ancien ministre du Travail LSAP.
Nicolas Schmit, ancien Commissaire européen en charge de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion, lui-même auteur de la directive sur le salaire minimum, explique que ce salaire a été conçu pour “honorer” le travail des personnes qui se trouvent tout en bas de l’échelle salariale, en leur permettant d’avoir une vie plus ou moins digne grâce à cet argent. Il a même été plus loin en qualifiant de “véritable scandale” les nombreuses discussions autour de certaines exclusions (13e mois, primes et autres avantages) pour réduire au maximum le salaire médian, utilisé comme base de travail pour le salaire minimum.
Il regrette vraiment cette machination entreprise avec pour seul but de réduire au maximum les éventuelles hausses du salaire minimum, “ce qui est vraiment injuste pour les personnes qui en bénéficient”.
Pour l’ancien ministre du Travail, une implication des syndicats est primordiale dans le dialogue social, à tous les niveaux: “j’en ai moi-même fait l’expérience, et même si ce n’est pas toujours simple, les syndicats doivent tenir leurs revendications jusqu’aux négociations, c’est normal, c’est leur rôle”. Et même si Nicolas Schmit a été la cible de vives critiques à l’époque de la part notamment du président du LCGB, “cela faisait partie de ma mission, tout ça est oublié maintenant”, a expliqué, l’ancien ministre.
Il regrette vraiment l’absence de négociations lors des dernières discussions autour de l’adaptation du salaire minimum au Luxembourg: “la manière dont cela a finalement été annoncé, sans consultation au préalable des partenaires sociaux, lors d’une conférence de presse, cela contrevient à toute idée du dialogue social et même à la directive européenne sur le sujet”.
À lire également sur le sujet: