
Vous l'avez sûrement remarqué: ce mois de février 2023 n'est pas comme les autres. Il "serait en passe de devenir le mois de février le plus sec jamais observé dans l’histoire de notre station" constate Météolux, avec au 22 février une pluviométrie inférieure d'environ 97% par rapport à la normale!
Or, nous explique Magali Bernard, chef adjoint à l'Administration de la gestion de l'eau, "le mois de février est en général un mois pluvieux, où on a une recharge particulièrement importante des eaux souterraines. Donc on est préoccupés, on espère qu'il va y avoir bientôt des précipitations efficaces, et ce jusqu'au mois d'avril".
L'hiver est en effet une saison cruciale pour la recharge de nos nappes phréatiques. L'hiver, la végétation est endormie, et l'eau peut s'infiltrer profondément dans le sol pour alimenter les nappes.

Autre paramètre important, la neige: "la neige est quelque chose est très positive pour la recharge des nappes, car quand elle fond, l'eau s'infiltre de façon progressive et efficace." C'est pourquoi, à l'inverse, les pluies intenses mais brèves sont inefficaces, car l'eau se contente de ruisseler en surface et de partir dans les cours d'eau.
Ainsi, le scénario idéal pour nos nappes phréatiques (mais pas pour notre moral) "serait des pluies modérées mais répétées durant plusieurs semaines" résume-t-elle.
Or, c'est tout le contraire qui se produit cette année: "Entre novembre et avril, c'est la période idéale pour la recharge de nos nappes, mais l'été 2022 a été tellement sec, l'un des plus secs jamais observés depuis cent ans, qu'on a eu un décalage de cette recharge, qui a été retardée à fin décembre, début janvier, parce qu'il a fallu du temps pour que le sol très sec se sature en eau."
Faut-il déjà tirer la sonnette d'alarme, comme nos voisins français? Pas forcément, tempère-t-elle. "Les quatre dernières années hydrologiques ont été relativement favorables à la recharge. On a des aquifères différents de nos voisins, ils ont une certaine robustesse qui permet d'encaisser la sécheresse".
Mais nos sources d'eau potable, issues pour moitié du lac de la Haute-Sûre et pour l'autre moitié de nos captages des eaux souterraines, ne sont pas inépuisables.
Bref, il faut espérer que les prochaines semaines, mais surtout les prochaines années, seront suffisamment pluvieuses. Sinon, prévient Magali Bernard, "on aura des problèmes, il faudra économiser l'eau" de plus en plus sévèrement, et revoir durablement la gestion de notre précieux or bleu.