
Malgré la pandémie, des chercheurs luxembourgeois spécialisés dans la lutte contre le cancer ont réalisé une percée dans le domaine de l'immunothérapie, un concept prometteur en combattant les cellules malades grâce au système immunitaire. Un taux de réussite qui tourne pour le moment seulement autour de 30 pourcents des patients.
Les docteur Guy Berchem et Bassam Janji se sont concentrés ces trois dernières années sur les systèmes immunitaires des patients atteints d'un cancer ne réagissant pas encore à cette immunothérapie.
Le docteur Guy Berchem, oncologue et chercheur au LIH, explique que l'immunothérapie n'attaque pas directement la tumeur comme la chimiothérapie qui présente de nombreux effets secondaires, mais c'est le système immunitaire qui est soutenu et renforcé afin de combattre la tumeur. Une manière de guérir qui présente également des chances de survie plus élevées qu'un traitement en chimiothérapie.
Néanmoins, l'immunothérapie ne fonctionne pas ou très peu dans 60 à 70 pourcents des cancers, lorsqu'il est confronté à des tumeurs froides. Ces tumeurs, contrairement aux tumeurs chaudes, ne contiennent pas de cellules immunitaires qui pourraient être activées par l'immunothérapie. Il faut donc y insérer ces cellules avant de pouvoir commencer à les stimuler.
Le docteur Bassam Janji, chercheur au LIH: "Donc le problème majeur: comment rendre ces tumeurs froides en tumeurs infiltrées par le système immunitaire?"
Il faut savoir que les cellules cancéreuses arrivent à se rendre invisibles aux yeux du système immunitaire grâce à un mécanisme appelé "autophagie". Les chercheurs impliqués dans la lutte contre le cancer au LIH ont réussi à désactiver ce système grâce à des tests effectués sur des souris à l'aide d'une molécule spéciale. C'est là qu'une découverte majeure a été réalisée.
Docteur Bassam Janji: "Notre découverte, c’est qu’en bloquant l’autophagie - qui est un processus bien connu depuis très longtemps - on peut transformer une tumeur froide en une tumeur chaude".
Den Dr. Guy Berchem: "Ce qui veut dire que cette molécule bloque l'autophagie et que les nombreuses cellules immunitaires peuvent à nouveau inonder la tumeur. L'immunothérapie peut alors faire son travail".
Ce projet de recherches est soutenu par la Fondation Cancer et le Fonds national de la Recherche. Il a été récemment publié dans la revue scientifique internationale "Science Advances". Les études actuelles se concentrent sur la toxicité de la molécule sur le corps humain. Si cette dernière ne représente pas ou peu de danger pour l'Homme, elle sera testée sur des patients atteints d'un cancer et pourrait déjà être introduite dans quelques années comme traitement prometteur sur le marché.