LuxembourgLa plupart des agressions dans les transports publics ont lieu en fin d’après‑midi

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En 2025, 548 agressions contre des agents des transports publics ont été enregistrées au Luxembourg. Le ministère des Transports prévoit de nouvelles mesures de sécurité.
Image d’archive d’un bus équipé d’une cabine de protection
© Domingos Oliveira

Les agents des transports public sont régulièrement victimes d’agressions. Pour l’année 2025, un total de 548 incidents visant des collaborateurs des CFL, du Tice, de Luxtram, du RGTR et de l’AVL ont été enregistrés. Ces données sont fournies par la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes, dans sa réponse à une question parlementaire du député Georges Mischo.

Selon les chiffres du ministère de la Mobilité, la majorité des cas concernent des insultes ou des menaces envers des employés des CFL et de l’AVL. C’est la compagnie ferroviaire luxembourgeoise qui a recensé le plus de signalements, avec 284 incidents, suivie par le réseau de bus de la Ville de Luxembourg avec 171 incidents. Le RGTR a signalé 55 cas, Luxtram 20 et le Tice 18.

© Screenshot Mobilitéitsministère

Globalement, les agressions dans les transports publics surviennent le plus souvent en fin d’après‑midi ou en début de soirée, surtout entre 15h et 19h. Dans les trains et dans les gares, c’est entre 22h et 23h que le plus grand nombre d’incidents a été enregistré.

Prise en charge des agents concernés

Aucun employé des CFL, de Luxtram ou du Tice n’a été hospitalisé l’an dernier suite à une agression. Huit personnes ont toutefois consulté un médecin et un employé de Luxtram a été “pris en charge pour un choc émotionnel”, indique le ministère. Au Tice, six personnes ont été déclarées en incapacité de travail, dont une a eu recours à un soutien psychologique.

La ministre précise qu’en cas d’agression, les employés des CFL sont pris en charge par leur service d’attache, qui les accompagne dans toutes les démarches nécessaires, qu’il s’agisse d’un suivi médical ou psychologique, ou d’un accompagnement juridique. “En cas de choc post‑traumatique, et si la personne concernée ne peut pas immédiatement reprendre son poste, le médecin du travail évalue si une réorientation professionnelle au sein des CFL est nécessaire.” Chez Luxtram, c’est le “supérieur hiérarchique direct” qui prend en charge les personnes concernées. “Ensuite, avec l’accord de la personne, un soutien peut être organisé auprès du médecin et du ou de la psychologue du travail de la STM.” Au Tice également, le “supérieur direct prend contact après chaque incident, même s’il semble anodin, avec le collaborateur concerné pour vérifier s’il a besoin d’un soutien particulier”.

Des cabines de protection et des agents de sécurité pour la prévention

En ce qui concerne la prévention des agressions contre les employés des transports publics, de nombreuses mesures ont déjà été mises en place, selon le ministère de la Mobilité. Parmi celles‑ci figure notamment l’installation de cabines de protection. Alors qu’en 2022, seuls “22 % des bus étaient équipés d’une cabine de protection”, ce taux atteignait environ 53 % début février 2026. L’objectif du ministère est que les cabines de protection “deviennent à moyen terme la norme dans tous les bus RGTR”.
Aux CFL, 64 bus sur 83 disposent déjà de cabines entièrement fermées, “qui ne peuvent pas être ouvertes de l’extérieur, sauf en cas de malaise du conducteur ou de la conductrice”. La flotte du Tice, quant à elle, est déjà entièrement équipée.

Par ailleurs, une “phase test avec des agents de sécurité” a été lancée sur le réseau Luxtram. Depuis août dernier, deux agents de sécurité circulent toute la journée sur la ligne. Le ministère examine actuellement comment de telles équipes pourraient aussi être déployées sur les lignes RGTR, afin de “garantir le calme dans certains points sensibles”.
Un projet de loi sur la vidéosurveillance est également en préparation et “il devrait être inscrit à l’ordre du jour de la séance plénière de la Chambre avant la pause estivale”. Le ministère de la Mobilité travaille en outre sur des mesures nécessaires pour “la délivrance d’amendes administratives sur la base de la nouvelle loi sur la sécurité dans les transports publics”.

Formation des agents

A propos de la formation des employés pour faire face aux situations agressives ou violentes, le ministère souligne que les CFL proposent des formations de base et des formations continues spécifiques, auxquelles plusieurs collaborateurs ont déjà participé. De plus, depuis l’an dernier, le programme “Training trifft Praxis” est en place, et des ateliers, des séances de coaching ainsi que des sessions de retour d’expérience sont proposés.

Chez Luxtram, les conducteurs reçoivent, durant leur formation initiale, des informations sur “les risques, notamment les agressions, et sur la manière de se comporter dans certaines situations”. Au Tice, “tous les nouveaux employés recrutés en 2022 et 2023” ont suivi une formation organisée par le Self‑Defense Club de la Police, qui les “prépare à des situations potentiellement conflictuelles et leur enseigne les méthodes et techniques de désescalade dans le bus.

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