Hausse de 2 % des arrivées attendue La guerre en Iran pourrait profiter au tourisme luxembourgeois

Carine Lemmer
traduit pour RTL Infos
Alors que la guerre en Iran bouscule le tourisme international, le Luxembourg pourrait tirer son épingle du jeu, estime Sebastian Reddeker, CEO de Luxembourg for Tourism. Grâce à une clientèle majoritairement européenne et à l'image d'une destination sûre, le secteur espère encore battre son record de l'an dernier.
© Carine Lemmer

Au Luxembourg, la guerre en Iran ne semble pour l’instant avoir aucun impact négatif sur le secteur touristique. Au contraire, le Grand-Duché pourrait même en tirer parti, a estimé mercredi matin Sebastian Reddeker, CEO de Luxembourg for Tourism, sur RTL.

Selon lui, la structure même du tourisme luxembourgeois constitue un avantage dans le contexte géopolitique actuel. Environ 90 % des touristes venant au Luxembourg sont européens, et la grande majorité voyage en voiture ou en train, sans dépendre du transport aérien. La clientèle en provenance des marchés plus lointains, notamment du Moyen-Orient, joue en revanche un rôle marginal pour le Luxembourg.

3,6 millions de nuitées

L’an dernier, le Luxembourg a enregistré 3,6 millions de nuitées et 1,6 million d’arrivées, soit un nouveau record. Pour 2026, une hausse pouvant aller jusqu’à 2 % est attendue. Aucune tendance négative marquée n’est observée à ce stade, selon le CEO de Luxembourg for Tourism.

S’agissant du week-end de Pâques, les chiffres les plus récents restaient encore légèrement inférieurs à ceux de 2025, mais ces données avaient été recueillies avant le début de la guerre en Iran. En revanche, les réservations pour avril et juin sont d’ores et déjà supérieures à celles enregistrées pour les mêmes mois l’an dernier.

Pour Sebastian Reddeker, le Luxembourg dispose d’un positionnement favorable dans le contexte actuel : une destination proche, accessible et sûre. Même si la sécurité n’est pas forcément mise en avant dans les brochures touristiques, elle joue aujourd’hui un rôle central dans le choix d’un voyage.

Selon lui, il s’agit même de l’une des principales valeurs de la marque Visit Luxembourg, dans laquelle des investissements importants ont été réalisés ces dernières années.

Le CEO de Luxembourg for Tourism a également souligné que le Grand-Duché dispose, dans son environnement proche, d’un bassin de 12 millions de clients potentiels.

Une durée moyenne de séjour de 2,4 nuits

En moyenne, les touristes restent 2,4 nuits dans le pays. La majorité des visiteurs viennent des pays voisins, avec en tête les Pays-Bas, suivis notamment de l’Allemagne, de la Belgique et de la France.

Le secteur du camping continue lui aussi à jouer un rôle important. Sebastian Reddeker a rappelé que les campings constituent souvent un bon indicateur de l’attractivité générale du pays, y compris de ses régions rurales. Il a rappelé que plus de 300.000 Néerlandais sont venus au Luxembourg en 2024 pour faire du camping.

Ces dernières années, le secteur a beaucoup investi dans ses infrastructures, ce qui se reflète tant dans les taux d’occupation que dans la satisfaction de la clientèle.

Il a par ailleurs souligné que la saisonnalité est aujourd’hui moins marquée qu’auparavant : environ un tiers de la clientèle annuelle vient en dehors de la haute saison traditionnelle.

Ce que recherchent les visiteurs au Luxembourg

La nature reste un moteur important du tourisme au Luxembourg, notamment grâce aux investissements réalisés dans les infrastructures de randonnée. Beaucoup de visiteurs viennent pour profiter des paysages et marcher.

Mais le tourisme urbain constitue lui aussi un pilier majeur. Le “sightseeing”, en particulier à Luxembourg-Ville, est très prisé. Pour de nombreux visiteurs, la capitale représente la première porte d’entrée du pays. Ceux qui reviennent découvrent ensuite plus souvent les autres régions du Grand-Duché.

Outre la nature et le tourisme urbain, Sebastian Reddeker a mis en avant des segments qu’il juge particulièrement intéressants sur le plan économique : le tourisme culturel et le tourisme gastronomique. Ces visiteurs dépensent en moyenne davantage, a-t-il expliqué, estimant que le potentiel du tourisme culturel pourrait encore être davantage développé.

Les voyages restent une priorité

Le CEO de Luxembourg for Tourism a également insisté sur le fait que les voyages occupent désormais une place très importante dans la hiérarchie des besoins des consommateurs. Selon lui, les gens sont aujourd’hui moins enclins qu’autrefois à renoncer à voyager. Deux facteurs peuvent toutefois freiner cette envie : la situation financière et la sécurité de la destination.

Le tourisme d’affaires a retrouvé son équilibre

Le tourisme d’affaires et le tourisme de congrès, longtemps considérés comme des piliers du secteur au Luxembourg, ont eu plus de mal à redémarrer après la pandémie. Pendant un temps, c’est surtout le tourisme de loisirs qui a permis d’occuper les capacités disponibles. La situation s’est depuis rééquilibrée.

Sebastian Reddeker a rappelé que le tourisme d’affaires reste un pilier important au Luxembourg, même si le tourisme de loisirs demeure plus important.

Un contexte potentiellement favorable au Luxembourg

Pour Sebastian Reddeker, si les hausses de prix restent contenues et si l’inflation ne pèse pas trop lourdement sur les ménages, le Luxembourg pourrait bénéficier de la situation géopolitique actuelle grâce à sa structure touristique : une destination proche, rassurante, accessible et bien positionnée pour accueillir une clientèle européenne en quête de sécurité.

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