
"Nous sommes vraiment heureux que les partenaires sociaux soient parvenus à un accord." Tout le monde a bien travaillé dans la tripartite, "sans doute aussi parce que chacun était conscient qu’il s’agissait d’une sorte de dernière chance", a déclaré Sam Tanson, députée des Verts, mercredi matin sur RTL, à propos de l’accord tripartite. "Lorsqu’il y a un succès, il faut aussi le reconnaître, même lorsqu’on est dans l’opposition", a souligné l'élue, "c’est aussi important pour la cohésion du pays".
La députée verte n’est pas entièrement d’accord avec la subvention pour l’essence, le diesel, le gaz et le mazout. Elle se demande si le plafonnement des prix des énergies fossiles permettra réellement de freiner l’inflation. Il aurait été préférable, par exemple, d’agir sur les denrées alimentaires dont les prix ont augmenté. Selon la députée, il aurait été préférable de réduire la TVA à 0 % pour les produits alimentaires de base.
Le fait d’accélérer la transition énergétique est positif. Mais cela aurait déjà pu être fait au début de la crise. Pour le leasing social en matière d'électromobilité, il faudra attendre l’année prochaine, et concernant les pompes à chaleur, aucun leasing social n'est prévu.
En matière de logement, il existe certes des "mesures ponctuelles" et "un dialogue structuré devrait être lancé". Le gouvernement reconnaît que le problème du logement constitue le plus grand défi, mais peu d’actions concrètes suivent. La mobilisation des logements et des terrains vacants n’avance toujours pas. Il faudrait également intervenir sur les loyers, ne serait-ce que pour "envoyer le signal que chacun doit apporter sa contribution". "Ici aussi, il s’agit de la cohésion de la société : si certains ont beaucoup et que d’autres peuvent à peine se permettre de se loger, cela crée également de nombreux autres problèmes", selon Sam Tanson.
Sam Tanson se demande également comment les quelque 450 millions d’euros que devrait coûter l’accord tripartite seront financés. Mardi, le ministre des Finances Gilles Roth a estimé qu’il y avait de la marge et que c'était finançable, étant donné que 800 millions d’euros de recettes supplémentaires ont été enregistrés durant les premiers mois de l’année. Des explications beaucoup trop vagues et floues pour les Verts, qui regrettent également que le gouvernement ne réfléchisse pas à des recettes fiscales supplémentaires. Pour l’instant, cette question semble être "totalement taboue", selon Sam Tanson, qui s'en est prise au ministre des Finances, Gilles Roth. "Qu’attendons-nous d’une politique financière ou d’un ministre des Finances ? En réalité, trois choses : la franchise, la transparence et la vision à long terme. Et ces trois éléments font défaut en ce qui concerne la politique financière et budgétaire de ce gouvernement", a indiqué l'ex-ministre.
Mardi, deux lois ont été votées en vue de la mise en œuvre du pacte européen sur la migration et l'asile. Le LSAP, déi Lénk et les Verts voulaient reporter le vote, estimant qu’ils n'avaient pas eu suffisamment de temps pour travailler correctement. Si "tout n’est certainement pas mauvais dans ces deux textes", les Gréng ne les ont toutefois pas votés. Selon la députée, la question essentielle est la suivante : comment traitons-nous les personnes qui quittent leur pays ? "Nous avions eu une longue tradition d’accueil positif, pour veiller à intégrer ces gens. Or, nous observons un changement de cap avec ce gouvernement", a souligné Sam Tanson.