
“La guerre se déroule jusque dans nos stations-service”, a déclaré Jean-Claude Juncker, ancien président de la Commission européenne et Premier ministre luxembourgeois, à RTL, exprimant ainsi ce que de nombreux Européens commencent à ressentir : si les missiles et les explosions de la guerre en Iran sont encore lointains, ses conséquences économiques se font de plus en plus sentir, avec une flambée des prix de l’énergie et, selon lui, aucune fin proche en vue.
Juncker a décrit l’attaque américano-israélienne contre le régime iranien comme étant “probablement inévitable”, compte tenu, selon lui, du comportement des dirigeants de Téhéran. Il a toutefois reconnu qu’il s’agissait néanmoins d’une erreur, et d’une erreur contraire au droit international. L’ancien Premier ministre du Parti social-chrétien (CSV) a déclaré ne voir aucune issue à la situation actuelle. Les promesses de changement de régime faites par Donald Trump au peuple iranien n’ont, à son avis, abouti à rien, laissant les Iraniens avec l’illusion d’une aide imminente. Tout futur accord avec Téhéran, a-t-il soutenu, ne pourrait qu’être, sur le fond, pire que l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015.
Les Européens commencent déjà à ressentir les effets de la flambée des prix du carburant à la pompe. Cependant, Juncker a averti que les conséquences à long terme de la guerre en Iran ne sont pas encore pleinement perçues par l’opinion publique. Les répercussions sur les chaînes d’approvisionnement, les marchés de l’énergie et les marchés alimentaires restent, selon lui, largement négligées. Conjuguées aux nombreux autres conflits qui font rage à travers le monde, ces tensions engendreront sans aucun doute une incertitude considérable, a-t-il averti. Cette instabilité constante risque de peser lourdement sur l’économie mondiale. Nous vivons, a-t-il déclaré, dans un monde de conflits interconnectés.
S’agissant de l’Union européenne, Juncker a de nouveau déploré l’influence limitée que Bruxelles est capable d’exercer sur la scène internationale en matière de politique étrangère. Concernant les récentes menaces de Donald Trump de prendre ses distances avec l’OTAN, l’ancien président de la Commission a appelé au calme, mettant en garde contre une interprétation hâtive de ces propos. Trump a déjà proféré de telles menaces à maintes reprises, et Juncker a déclaré qu’il ne les prendrait pas trop au sérieux, ajoutant qu’il soupçonnait Trump lui-même de ne pas les prendre au sérieux.