
C’est une situation inhabituelle. La personne qui pose d’habitude les questions se retrouve soudain de l’autre côté. Et pourtant, cela colle parfaitement. Parce que le journalisme, c’est aussi cela : écouter, prendre le temps.
Ces dernières années, j’ai beaucoup appris de Caroline. À travers de nombreuses discussions, souvent exigeantes.
Avec Caroline Mart, c’est aussi l’émission “Kloertext” qui part à la retraite, une émission politique qui a animé et façonné le débat au Luxembourg.
Samedi, c’était le dernier Télévie présenté par Caroline Mart, après 25 ans. Nous avons enregistré l’interview mardi. À la question de savoir si ce Télévie serait plus émotionnel, la réponse était claire.
“Le Télévie est toujours une émission émouvante et ça n’a rien à voir avec le fait que ce soit la première ou la dernière.“
Au fil des années, l’émission est devenue de plus en plus personnelle pour elle : “Nous associons tellement d’histoires à tellement de personnes.”
C’est quelque chose que j’ai moi-même appris : derrière chaque sujet, il y a des êtres humains. Et ils méritent du temps.
Après presque 42 ans dans la même entreprise, elle se décrit en riant comme un “dinosaure”. Mais un dinosaure qui n’est jamais resté immobile.
“Tant de choses ont changé, et pas seulement au niveau technologique. La société aussi. Je ne me suis jamais ennuyée et j’en ai toujours appris plus.”
Il n’aurait jamais suffi d’obtenir une seule réponse. Il s’est toujours agi d’aller plus loin, encore une fois. C’est ainsi que la journaliste se décrit, et c’est ainsi que beaucoup l’ont perçue dans son travail.
Elle décrit les interviews comme “une relation, comme un match”, où chacun apporte sa technique, son tempérament et son intuition. Ce n’est pas quelque chose qu’on apprend dans un livre, d’après elle.
Quand elle observe le journalisme d’aujourd’hui, elle voit un grand défi : “Il est de plus en plus difficile d’approfondir les sujets.”
La vitesse et la superficialité rendent le travail en profondeur plus compliqué. En même temps, Caroline reste nuancée. Il ne s’agit pas de rejeter la nouveauté, mais de l’aborder correctement.
“Si l’on se limite à consommer des images et des émotions, la suite va être compliquée.“
Et les principes fondamentaux du journalisme restent les mêmes : contextualiser, ne pas simplifier à outrance, faire attention au langage, rester poli et respectueux.
Caroline Mart a choisi sciemment ce moment pour arrêter : “Il est important de ne pas rater le bon moment pour partir.”
Même à la retraite, elle reste fidèle au métier : “Je pars à la retraite, mais je reste journaliste.”
Elle veut continuer à s’informer, lire, mener des projets, tout en ayant plus de temps pour sa famille et ses amis : “Je ne pense pas que je vais m’ennuyer.”
Pour Caroline, transmettre le savoir a toujours été essentiel, y compris aux jeunes journalistes.
Je suis moi-même dans le journalisme depuis plus de 10 ans. Et je sais tout ce que j’ai appris d’elle. Pas seulement sur le métier. Mais sur l’attitude, sur l’importance d’une bonne question et sur la responsabilité que nous portons. Ce n’était peut-être pas toujours simple, mais toujours précieux.
Merci pour toutes ces discussions et merci pour la confiance.
Dans notre série d’été Promi-Spot, Loic Juchem avait déjà, en 2022, retracé avec Caroline Mart sa carrière chez RTL.
Dans notre podcast RTL inteam, Caroline Mart a également parlé sans détour et expliqué ce qui ne se dit pas devant la caméra.