
"Je ne conseillerais pas à mes enfants d'apprendre un métier en ce moment," a déclaré mercredi sur RTL Christian Turk, le président de l'Amelux, l'Association des maîtres d'enseignement. Cette dernière revendique une revalorisation générale des diplômes dans l'artisanat. Il y aurait actuellement un manque d'estime.
La reconnaissance annoncée du brevet de maîtrise dans le nouvel accord salarial dans la fonction publique n'aiderait pas les jeunes, selon Christian Turk. Si on fait quelque-chose, il faut le faire globalement.
L'Amelux revendique l'assimilation du brevet de maîtrise à un bachelor et la prolongation de la formation du DAP (diplôme d'aptitude professionnelle) de trois à quatre ans, pour qu'il soit équivalent au diplôme de fin d'études secondaires.
Concrètement, le premier semestre de cette formation pourrait être mis à profit pour donner la chance aux jeunes de se familiariser avec les différents débouchés qui existent dans l'artisanat et avec le monde professionnel, avant de s'engager dans une formation spécifique. Actuellement, de nombreux étudiants décrocheraient à la fin de l'année, car ils réalisent soudain que leur choix de métier ne correspond pas du tout à ce qu'ils imaginaient. L'Amelux est convaincue que le décrochage scolaire pourrait être contré par une formation prolongée.
Mercredi, Christian Turk a regretté que la classe politique ne soit pas à l'écoute dans le domaine de la formation professionnelle.
Il n'y aurait pas de dialogue constructif avec le ministre de l'Education. Les ministères de l'Énergie et de l'Environnement seraient bloqués dans leur agenda, parce que le ministre de l'Éducation ne ferait rien de correct en matière de formation professionnelle, selon l'invité de la rédaction. Le ministère de l'Education et l'Amelux pourraient certainement travailler ensemble à un objectif commun. Encore faudrait-il pour cela que le ministre reçoive l'association.
Entre autres choses, l'Amelux s'inquiète des critères de promotion parfois larges dans la formation professionnelle. Depuis 2019, l'échec serait maintenu artificiellement bas, en permettant aux jeunes de continuer même avec 20 sur 60. Il faudrait revenir en arrière. De plus, une plus grande attention devrait être portée à l'orientation, particulièrement pour les élèves les plus faibles, et les critères d'accès aux différentes formations devraient être adaptés.
L'Amelux est persuadée qu'une valorisation des diplômes ferait progresser la reconnaissance des artisans dans la société. Et à partir de là, les employeurs payeraient proportionnellement davantage ces jeunes, selon Christian Turk.
Ce ne serait pas comme s'il n'y avait pas de relève dans l'artisanat au Luxembourg. Chaque année, entre 5.000 et 6.000 élèves passent par la formation professionnelle. Il faudrait les former correctement. Alors le match serait gagné.