
Le Grand-Duché semble donc se diriger vers une obligation vaccinale sectorielle pour les personnes travaillant dans le secteur des soins de santé ainsi que pour tous les citoyens âgés de plus de 50 ans. "Mais il n'y a pas eu de débat au préalable, les mesures ont simplement été présentées de cette manière", critique Julie-Suzanne Bausch, à la tête de la Commission d'Éthique.
"À quoi ça sert d'envoyer toute une série de questions à de nombreuses institutions et représentations si leurs réponses ne sont même pas prises en compte", fustige madame Bausch qui précise que sa commission a émis son avis en à peine une semaine. "Mais tout ce travail était inutile, avec des connaissances perdues car des structures plus importantes n'ont même pas pu répondre dans les temps".
Elle regrette que "manifestement, le gouvernement donne plus de poids aux groupes d'experts médicaux qu'aux sciences intellectuelles comme la philosophie, l'éthique et le Droit. Et dans sa composition, la commission d'Éthique est une très bonne représentation équilibrée de la société civile avec deux docteurs spécialisés, un psychologue, un pédagogue, un juge, un avocat, un économiste, un mathématicien, un chercheur et un expert en communication. Ce n'est donc pas un club de philosophes qui écrit de belles paroles dans les nuages", souligne Julie-Suzanne Bausch qui elle-même a fait un doctorat en philosophie et qui travaille dans l'enseignement.
La commission d'Éthique s'était déjà prononcée au mois de décembre en faveur d'une obligation vaccinale généralisée et non pas sectorielle comme décidé par les autorités. Ces limitations sont vues d'un mauvais œil par les membres des la Commission qui dénoncent ces différenciations entre les personnes car il s'agit de paramètres, comme l'âge, qui ne peuvent pas être modifiés par les personnes concernées. C'est plutôt la vulnérabilité qui devrait être prise en compte et sur laquelle la vaccination devrait se concentrer.
Madame Bausch regrette l'obligation vaccinale dans le secteur des soins de santé car elle provoquerait d'autres tensions voire même des scissions entre les personnes.
Elle rappelle enfin que "le focus au Luxembourg est tourné exclusivement vers la vaccination alors qu'après presque 26 lois Covid, les citoyens sont en train de s'habituer à des situations effrayantes d'un point de vue éthique, comme le port du masque en permanence".