La ministre de la Santé répond à l'AMMD"Il n’est pas question de remettre en cause le système conventionné"

Claude Zeimetz
adapté pour RTL Infos
Le conflit entre l'Association des médecins et médecins-dentistes et la Caisse nationale de santé, ainsi que les déclarations faites mercredi sur RTL par le président de l'AMMD, Chris Roller, ont occupé les membres de la commission de la Santé de la Chambre des députés mercredi matin.
© Envato Lelia_Milaya

Le LSAP et l’ADR avaient demandé que la ministre de la Santé, Martine Deprez, exprime sa position quant à la dénonciation des conventions liant les médecins à la CNS. Et tout comme celle de l’AMMD, la position du monde politique reste très ferme.

Le système de santé conventionné demeure en vigueur et n’est remis en question par absolument aucun parti, contrairement à ce que l’AMMD voudrait faire croire, a déclaré formellement la ministre de la Santé, Martine Deprez, lors de la séance. Cette position reste inchangée malgré l’échec des négociations.

"Il n’est pas question pour ce gouvernement de remettre en cause le système conventionné. Et cela en accord avec l’ensemble des représentants de la Chambre." (La Chambre des députés s’était prononcée à l’unanimité, lors d’une séance publique en novembre dernier, en faveur du système de santé conventionné luxembourgeois actuel.)

Selon la ministre, il existe certes des lacunes dans le système. Des patients ne sont pas pris en charge suffisamment rapidement là où ils devraient l’être. Mais personne ne parle de tout ça. Pas dans des discussions hypocrites, comme l’a formulé le président de l’AMMD. Mais la porte du ministère reste véritablement ouverte. Encore faut-il disposer de partenaires prêts à participer au dialogue, a estimé Martine Deprez, renvoyant ainsi la balle dans le camp des médecins.

Attendre ... l'AMMD

Il est toutefois permis de s'interroger, pour l'instant du moins, sur la volonté réelle de dialogue de l'AMMD. Comment sortir de cette impasse ? Sur ce point, Alexandra Schoos, élue ADR, n'avait pas de réponse toute faite. Elle avait attentivement écouté les déclarations du Docteur Chris Roller mercredi matin sur RTL et avait bien entendu que celui-ci avait déclaré la médecine conventionnée au Luxembourg "morte".

L'ADR se réjouit néanmoins que les discussions se poursuivent. Il faut désormais attendre de voir ce qu'elles donneront. Selon Alexandra Schoos, le problème fondamental dépasse toutefois la seule question des conventions. Le système de santé luxembourgeois serait confronté à des défis structurels et la médecine à deux vitesses, que personne ne souhaite officiellement, serait déjà une réalité depuis longtemps.

Déi Lénk: l'AMMD prend en otage la classe politique et les citoyens

Les discussions, c'est bien beau. Mais pour Marc Baum, député déi Lénk, il ne saurait être question que la classe politique cède aux "desiderata d'une poignée de médecins" au point de bouleverser l'ensemble du système de santé. Le député de l'opposition a remis en question la représentativité de l'Association des médecins et médecins-dentistes. Selon lui, il existe des médecins qui ne se sentent pas représentés par l'AMMD.

C'est surtout la manière dont l'AMMD a mené les discussions sur les conventions qui irrite l'élu du Sud. Selon lui, l'AMMD prend en otage la classe politique et tout un système afin d'obtenir la mise en œuvre des promesses électorales du CSV et du DP. Une telle situation ne devrait pas être acceptée.

LSAP : il aurait aussi fallu discuter du supplément pour les chambres de première classe

Le LSAP aurait souhaité que l'on profite de l'occasion pour revoir la question du supplément pour les chambres de première classe à l’hôpital dans les nouveaux règlements. Selon l’ancien ministre de la Santé, Mars Di Bartolomeo, ce supplément est souvent devenu injustifiable.

Il reproche à la majorité d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre, en multipliant les promesses tout en ne mettant en œuvre jusqu’à présent que peu de mesures concrètes dans le domaine de la santé. C’est, selon lui, la raison de la colère des médecins.

Il a toutefois regretté expressément que l’AMMD ait fait échouer les négociations. De manière plus générale, Mars Di Bartolomeo appelle à davantage de débats sur le fond, plutôt que sur les tarifs et l’autonomie tarifaire.

Pour le DP, les discussions montrent que les procédures doivent être simplifiées

La députée DP Carole Hartman, estime, par exemple, qu'il reste nécessaire de discuter des procédures. Selon elle, comme cela avait déjà été le cas lors de l'élaboration de la tarification de la psychothérapie, on constate une nouvelle fois à quel point les procédures sont lourdes et complexes. Elle souligne qu'il faut désormais légiférer par règlement grand-ducal.

L'ensemble de ces négociations a également suscité du mécontentement, tant chez les médecins que chez les patients. Le programme de coalition prévoit pourtant une révision de certaines méthodes de fonctionnement de la CNS ainsi que de la nomenclature des actes médicaux.

Quant à savoir comment mener cette discussion dans le climat toxique actuel, la députée de la majorité n'a pas non plus apporté de réponse claire.

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